Simon Aspis nous a quittés

Nous avons appris le décès de Simon Aspis, illustre président d’associations spinaliennes, survenu jeudi soir, après une dizaine d’années de lutte contre la maladie d’Alzheimer.
Né le 21 août 1933 à Nancy, Simon Aspis est le cadet d’une famille de trois enfants.
Son enfance, il la passe à Épinal où ses parents commerçants sont installés. A l’âge de 8 ans, il quitte la France sous occupation allemande pour se réfugier en Suisse. Ses parents propriétaires de magasins de vêtements subissent les conséquences de cette guerre. Ils doivent reconstruire leurs biens détruits par les forces armées dès leur retour au pays. Simon, lui retrouve alors les bancs de l’école à Épinal jusqu’à l’obtention de son BEPC. Puis il travaille dans l’entreprise familiale.
En 1957, il croise le chemin d’Arlette à Paris, qui deviendra son épouse. Un an après leur rencontre, le couple donne naissance à Laurent. Puis Stéphane et Élisabeth viennent agrandir le cercle familial. En parallèle de son activité professionnelle, Simon Aspis s’engage très tôt dans la branche associative. Ce grand
humaniste, toujours à l’écoute des autres, crée avec son ami Jean Moreau, la première antenne dans les Vosges de la Ligue des droits de l’homme et d’Amnesty International. Cet autodidacte, ouvert d’esprit, organise en 1979 au parc des expositions, un débat pour l’abolition de la peine de mort aux côtés de Philippe Séguin et Christian Pierret. Il s’investit aussi auprès des sans-papiers sous l’égide de la Ligue des droits de l’homme.
Personnalité discrète de la cité des images, apprécié de tous, il ne se perd jamais de grands discours. Non, lui agit, tient ses engagements, mettant en adéquation la théorie et la pratique. L’antiracisme restera son combat au quotidien.
A sa retraite en 1993, il continue son combat pour les plus démunis et donne quelques cours d’alphabétisation dans d’autres structures associatives et en prison. Il profite aussi de son temps pour voyager avec son épouse et voir ses huit petits enfants. Mais la maladie le prive de l’exercice de toutes ses facultés. Alors il s’accroche pour la vaincre aux côtés de son épouse Arlette, qui l’aide au quotidien dans cette épreuve. Un peu plus tard, il rejoindra la maison de retraite
Les Jardins de Cuvières à Thaon où le personnel l’accompagne avec une grande dignité et un immense respect.
Un temps de recueillement rassemblera la famille lundi à 15 heures au complexe funéraire d’Épinal, suivi de la crémation.
[Vosges Matin, 13 février 2011]