Paul URION

[ Chaumousey (88), 26/12/1910 – Rupt-sur-Moselle (88), 11/07/1944 ]

résistant

Biographie vosgienne

2002 — L’Est Républicain / Vosges

Une stèle pour Paul Urion

La stèle a été érigée sur le site du monument des Déportés, à quelque cent mètres de l’endroit où Paul Urion a perdu la vie.

Le chef du groupe de Résistance au Dessus-de- Rupt est tombé le 11 juillet 1944. Un monument a été élevé en sa mémoire à Rupt-sur-Moselle.

Dans le cadre de la récente Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la Déportation, la ville de Rupt-sur-Moselle a inauguré une stèle en hommage au lieutenant Paul Urion, originaire de Chaumousey, chef de file de la Résistance Vosgienne au Dessus-de-Rupt où il est tombé dans la nuit du 10 au 11 juillet 1944.

Le dévoilement de la stèle a donné lieu à une émouvante cérémonie qui a réuni personnalités, associations patriotiques en présence des deux filles et du fils (actuel maire de Chaumousey) de ce grand résistant. Une épitaphe au nom du résistant ravive le souvenir de cet homme qui n’a pas hésité à sacrifier sa vie pour sauver celle de ses compagnons maquisards.

Courage et devoir

Paul Urion, âgé de 34 ans à l’époque, brigadier des Eaux et Forêts pour le secteur d’Hadol, avait déjà fait ses preuves en 1940 lors de la bataille de Dunkerque. Ce qui lui avait valu la Croix de guerre. En entrant dans la Résistance au printemps 1943, cet époux et père de trois jeunes enfants connaissait les risques. Il n’a pas hésité.

Il habitait une petite ferme aux Basses de Laménil qui devint un important centre de ravitaillement et de séjour clandestin pour les évadés et les réfractaires du Service du travail obligatoire. Une telle activité devait finir par susciter la curiosité de la Gestapo. Traqué par celle-ci, Paul Urion rejoint le maquis de Bains. Appelé aussi Justin et nommé Lieutenant FFI par le Colonel Grandval, il fut ensuite chargé de regrouper leurs volontaires pour se réfugier avec eux dans le groupe IV, celui de la montagne ruppéenne. Là, les attendaient Georges Grisevard, le Jean Moulin de l’équipe pour les conduire dans une ferme abandonnée au lieu-dit Le Hautelé. Il fut découvert début juillet par un groupe de jeunes femmes venues aux brimbelles. L’une d’entre elles, en relation avec les séides d’Hitler, a alors alerté la Gestapo.

La nuit du 10 au 11 juillet, 200 allemands ont encerclé le camp en quelques minutes. Paul Urion, en chef valeureux, s’est avancé afin de ralentir leur progression. Assurer la retraite de ses camarades au péril de sa vie, ce geste, le Lieutenant FFI Paul Urion l’a accompli avec un total oubli de soi.

Quelques pas encore et Paul Urion est tombé, sauvant ses maquisards qui ont pu gagner La Piquante Pierre.

[L’Est républicain, 5 mai 2002]

2012 — Vosges Matin

Chaumousey
Une place dédiée au résistant Paul Urion

Les élus ont décidé de renommer, dans quelques mois, la place dite des commerces du nom de l’ancien résistant Paul Urion.

Dans quelque temps, celle que l’on appelle place des Commerces ou place de l’Ancienne école des filles sera rebaptisée place Paul-Urion. Rendre hommage à ce grand résistant, calmosien de naissance, qui a donné sa vie pour son pays, est la moindre des choses. Pourtant, cela ne fut pas si facile...

Tout a débuté le 15 janvier 2007. A cette époque, une proposition de rebaptiser ladite place et celle de la mairie est lancée par l’adjoint, Gilbert Mathieu. Un débat s’ouvre sur le sujet et le conseil vote contre cette initiative. A cette époque, le maire était Bernard Urion - fils de Paul - qui, au vu de sa position, ne peut relancer l’idée. Les élections municipales étant passées par là et Bernard Urion ayant quitté ses fonctions, lui et sa sœur Monique, épouse Brajus, reprennent leur bâton de pèlerin afin de perpétuer la mémoire de leur père.

A ce titre, une lettre est envoyée à chaque conseiller dans laquelle on apprend que Paul Urion a une stèle dans la commune de Rupt-sur-Moselle, ainsi qu’une plaque à Hadol, témoignant de son engagement dans la résistance. Car, même si beaucoup l’ignorent, Paul Urion a été un grand combattant de l’ombre durant la Seconde guerre mondiale, au cours de laquelle, fait prisonnier par les Allemands, il a été fusillé le 11 juillet 1944.

Mardi, Bernard Urion, Monique Brajus, ses enfants, deux petites-filles et une arrière-petite-fille étaient venus plaider leur cause auprès des conseillers en vue de baptiser la place des commerces au nom de leur père. C’est très important pour nous de perpétuer la mémoire de notre père, car, dans quelques années, son sacrifice ne sera même plus un souvenir car peu de monde le connaît, déclaraient, de concert, Bernard et Monique.

Les élus, dont beaucoup ne connaissaient d’ailleurs pas Paul Urion, ont posé force questions avant que le maire ne décide de passer au vote, à bulletin secret afin de ne pas attiser de rancœur, précisait-il.

Et à ce petit jeu de papier, neuf conseillers ont voté pour, un bulletin a été déclaré blanc et un élu s’est prononcé contre. En clair, c’est presque à l’unanimité que dans quelques mois, la cité calmosienne aura sa place Paul-Urion.

Inutile de dire que les descendants de ce résistant ont apprécié, non sans émotion, de voir (enfin) le sacrifice de leur parent reconnu dans sa commune.

[VosgesMatin, 12 mai 2012]. Chaumousey Paul Urion, ce héros trop méconnu Il y a quelques jours, le conseil municipal entérinait la décision de créer une place Paul-Urion au centre du village. Une décision on ne peut plus juste envers un homme qui a marqué la Résis]

Nouvelle recherche