Une stèle pour Paul Urion

Le chef du groupe de Résistance au
Dessus-de- Rupt est tombé le 11 juillet 1944. Un monument a été élevé en sa mémoire à Rupt-sur-Moselle.
Dans le cadre de la récente
Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la Déportation, la ville de Rupt-sur-Moselle a inauguré une stèle en hommage au lieutenant Paul Urion, originaire de Chaumousey, chef de file de la Résistance Vosgienne au
Dessus-de-Rupt où il est tombé dans la nuit du 10 au 11 juillet 1944.
Le dévoilement de la stèle a donné lieu à une émouvante cérémonie qui a réuni personnalités, associations patriotiques en présence des deux filles et du fils (actuel maire de Chaumousey) de ce grand résistant. Une épitaphe au nom du résistant ravive le souvenir de cet homme qui n’a pas hésité à sacrifier sa vie pour sauver celle de ses compagnons maquisards.
Courage et devoir
Paul Urion, âgé de 34 ans à l’époque, brigadier des Eaux et Forêts pour le secteur d’Hadol, avait déjà fait ses preuves en 1940 lors de la bataille de Dunkerque. Ce qui lui avait valu la Croix de guerre. En entrant dans la Résistance au printemps 1943, cet époux et père de trois jeunes enfants connaissait les risques. Il n’a pas hésité.
Il habitait une petite ferme aux Basses de Laménil qui devint un important centre de ravitaillement et de séjour clandestin pour les évadés et les réfractaires du Service du travail obligatoire. Une telle activité devait finir par susciter la curiosité de la Gestapo. Traqué par celle-ci, Paul Urion rejoint le maquis de Bains. Appelé aussi
Justin et nommé Lieutenant FFI par le Colonel Grandval, il fut ensuite chargé de regrouper leurs volontaires pour se réfugier avec eux dans le groupe IV, celui de la montagne ruppéenne. Là, les attendaient Georges Grisevard, le
Jean Moulin de l’équipe pour les conduire dans une ferme abandonnée au lieu-dit
Le Hautelé. Il fut découvert début juillet par un groupe de jeunes femmes venues aux brimbelles. L’une d’entre elles, en relation avec les séides d’Hitler, a alors alerté la Gestapo.
La nuit du 10 au 11 juillet, 200 allemands ont encerclé le camp en quelques minutes. Paul Urion, en chef valeureux, s’est avancé afin de ralentir leur progression. Assurer la retraite de ses camarades au péril de sa vie, ce geste, le Lieutenant FFI Paul Urion l’a accompli avec un total oubli de soi.
Quelques pas encore et Paul Urion est tombé, sauvant ses maquisards qui ont pu gagner
La Piquante Pierre.
[L’Est républicain, 5 mai 2002]