Solveig DOMMARTIN

[ Constantine (Algérie), 16/05/1961 – Paris (75), 11/01/2007 ]

comédienne

Biographie vosgienne

2007 — L’Est républicain

Un ange est tombé

Égérie et ex-compagne du réalisateur Wim Wenders, Solveig Dommartin, la Marion des Ailes du désir, vient de quitter les feux de la rampe. Elle sera inhumée à Bulgnéville où repose son père.

NANCY. - Son éblouissante apparition dans Les Ailes du désir de Wim Wenders, mystérieuse et aérienne, n’avait pas été étrangère au succès d’un film qui la propulsa au firmament des étoiles du cinéma. Le public découvrait alors une actrice rare, discrète et envoûtante, Solveig Dommartin, définitivement associée aux créations talentueuses du réalisateur allemand.

Mais l’étoile s’est éteinte, bien trop tôt, le 11 janvier à Paris, à l’âge de 45 ans, laissant derrière elle un peu de la lumière qu’elle aura dispensée autour d’elle.

Lorraine d’origine, même si par les hasards des déplacements de son père ingénieur dans les travaux publics, elle était née à Constantine le 16 mai 1961, son passage dans les Vosges où la famille possède une résidence et à Nancy où elle fit ses classes et ses premiers pas au théâtre - au caveau de la Roêle, par exemple - reste dans les mémoires.

Depuis les années 80, je jouais dans le groupe de rock Dick Tracy à Nancy. Dès le moment où Solveig a rencontré Wim Wenders, elle nous a mis en contact avec Wim, je suis devenu musicien pour lui à diverses occasions et j’ai joué un rôle dans Les Ailes du désir, se souvient Laurent Petitgand. Témoignant ainsi de la générosité de la jeune femme et de son attachement à la Lorraine.

Plus tard, d’ailleurs, lorsqu’elle se lancera dans la mise en scène, elle lui proposera un rôle dans son seul film, un court-métrage, Il suffirait d’un pont (1997) aux côtés de Catherine Frot, Luis Régo, Romane Bohringer, Georges Claisse, entre autres grands noms. Signe de la confiance que lui accordait la profession.

Un fabuleux destin

Elle était artiste dans l’âme, affirme Sylvette Dommartin, sa mère. Et déterminée. Et d’avoir baigné dans l’agitation fabuleuse du festival de théâtre de Nancy aurait contribué à sa vocation, avance-t-elle encore.

Aussi, en même temps qu’elle poursuit des études à la Doctrine Chrétienne (elle décroche son baccalauréat à l’âge de 17 ans), elle s’essaie à quelques prestations scéniques en amateur au caveau de la Roêle et apparaît dans deux films tournés à Nancy. Le premier était une évocation de la vie de saint Pierre et l’autre un téléfilm où elle dansait avec Tom Novembre dans un café 1900 rue Stanislas, se souvient Sylvette Dommartin.

Son bac en poche, la jeune fille s’inscrit à l’université de Vincennes à Paris, option théâtre. Pour y apprendre le métier. Et se frotter les ailes à la réalité d’une profession où la chance est le seul espoir des artistes de talent.

Elle arrivera d’abord sous les traits de Timothée Laine, un jeune et génial metteur en scène de théâtre qui lui permettra de faire ses classes et d’intégrer le laboratoire de Wroclaw Grotowski. Solveig Dommartin démarre ainsi sur les planches parisiennes. On la verra dans une pièce de Sénèque et une autre de Bergman Peintures sur bois. Sa prestation est remarquable, mais reste confidentielle. Avant que Wim Wenders ne l’y remarque.

Une actrice magique

Celui qui deviendra son compagnon l’immortalisera dans son rôle inoubliable de Marion, la trapéziste, dans Les Ailes du désir (1987), puis dans Jusqu’au bout du monde (1991) et Si loin si proche (1993).

Elle tournera aussi dans S’en fout la mort (1990) et J’ai pas sommeil (1994) de son amie proche Claire Denis, assistante dans Les Ailes du désir. Et passera à la réalisation en 1997 avec le court-métrage, Il suffisait d’un pont, salué par la critique.

Véronique Cayla, directrice générale du Centre national de la cinématographie (CNC), a salué l’actrice magique qui illuminait l’écran et qui éblouissait chacun d’entre nous et déclaré éprouvé une grande tristesse pour la comédienne dont le talent et la beauté restent à jamais indissociables des plus belles œuvres de Wenders.

Ce que ne saurait démentir Sylvette Dommartin. Elle avait une aura extraordinaire, disait-elle hier, elle dégageait de la lumière.

Solveig Dommartin, d’un léger coup d’aile est retournée au firmament. Elle sera inhumée mardi 23 janvier au cimetière de Bulgnéville aux côtés de son père.

Élisabeth BECKER


[L’Est républicain, 20 janvier 2007].

2007 — La Liberté de l’Est

L’actrice Solveig Dommartin victime d’une crise cardiaque

Elle a joué dans plusieurs films du réalisateur allemand Wim Wenders, dont elle fut d’ailleurs la compagne. Ainsi, l’on se souvient d’elle dans le très célèbre Les ailes du désir, en 1987. Elle tenait le rôle de la trapéziste Marion. Puis les cinéphiles l’ont revu dans Jusqu’au bout du monde, en 1991 et à l’occasion de Si loin, si proche. C’était en 1993. Désormais, seul son souvenir demeurera. L’actrice Solveig Dommartin est en effet décédée, hier à Paris. Âgée de 48 ans, elle a été victime d’une crise cardiaque le 11 janvier, mais nous ne l’avons appris qu’hier. Car à la faveur d’une recherche des causes exactes du décès, la famille n’avait pas souhaité diffuser la terrible nouvelle.

Mardi, elle effectuera son ultime retour vers Bulgnéville. C’est dans cette commune de l’ouest du département qu’elle sera inhumée. Les obsèques se dérouleront ce jour-là, à partir de 14 h 30 à l’église de ce village voisin de l’autoroute A31. Car Solveig Dommartin n’est pas une inconnue à Bulgnéville. Ses grands-parents sont en effet originaires de la bourgade. Elle-même d’ailleurs a passé son enfance là, ainsi qu’à Nancy. Voilà dix ans environ, elle avait été aperçue dans les rues de la cité vosgienne, au bras de Wim Wenders.

Contactés ce vendredi, Claude Dommartin, son oncle et son épouse, sont demeurés très discrets sur cette disparition. Reste que celle qui s’est produite aussi dans deux films de Claire Denis, S’en fout la mort en 1990 et J’ai pas sommeil en 1994, suscite la tristesse de la profession. A ce titre, Véronique Cayla, la directrice générale du CNC, le Centre national de la cinématographie, estime qu’elle illuminait l’écran. C’était une actrice magique qui éblouissait chacun de nous. Son talent et sa beauté restent à jamais indissociables des plus belles œuvres de Wim Wenders.

Christophe MORINEAU-COOKS.

[La Liberté de l’Est, 20 janvier 2007].

2007 01 24 — L’Est républicain

Émouvants adieux à Solveig Dommartin

La comédienne, d’origine lorraine, a été inhumée hier dans les Vosges.

Le réalisateur Wim Wenders, son ex-compagnon, assistait à la cérémonie des obsèques de Solveig Dommartin.


BULGNÉVILLE. - Solveig Dommartin a rejoint son père, Hubert, décédé à l’âge de 45 ans, dans le cimetière vosgien de Bulgnéville. Elle repose désormais aux côtés de son grand-père Pierre, sa grand-mère Yvonne et de son grand-oncle Georges Collin qui fut maire de Bulgnéville de 1971 à 1983. Solveig avait l’habitude de venir à Bulgnéville passer ses vacances chez sa grand-mère, Yvonne Dommartin, rue Sainte-Anne.

Le fourgon mortuaire transportant le corps de la comédienne décédée le 11 janvier dernier est arrivé avec une heure de retard en raison de la neige et des perturbations de circulation sur l’autoroute.

Une cérémonie en hommage à Solveig avait déjà eu lieu lundi soir à Paris dans le quartier du Marais en présence de ses proches, du monde du cinéma, avec la projection d’extraits de films. Mais hier, nombreux étaient ceux qui n’avaient pu faire le déplacement depuis la capitale en raison des intempéries. Environ 120 personnes étaient néanmoins présentes à l’église, dont Wim Wenders, le réalisateur et ex-compagnon de la comédienne.

La messe a été célébrée par l’abbé Jacques Heinrich en l’église Saint-Pierre-Saint-Paul que Solveig aimait visiter pour son architecture et ses trésors.

Durant la messe, Hélène Spindler, cousine de la comédienne, a joué aux grandes orgues un prélude de Bach et un extrait de la musique du film La Leçon de piano. Instants émouvants pour rappeler, ainsi que le fit l’abbé Heinrich dans son homélie, que Solveig avait vécu l’exaltante et difficile profession du spectacle».


[L’Est républicain, 24 janvier 2007].

2007 01 24 — La Liberté de l’Est

L’ultime adieu à Solveig Dommartin

Le réalisateur allemand Wim Wenders a tourné trois films avec la comédienne aux attaches lorraines.

En raison des mauvaises conditions climatiques, c’est avec une heure de retard sur l’horaire prévu, qu’ont eu lieu hier après-midi à Bulgnéville les obsèques de l’actrice Solveig Dommartin. Parti de Paris, le fourgon mortuaire bloqué sur l’autoroute A5, a atteint les Vosges sous des bourrasques de neige. Sur le parvis de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, les proches évoquaient un mois de janvier décidément funeste pour la famille Dommartin.

Outre la disparition de la comédienne, janvier a vu en effet au cours des dernières décennies, le décès de Pierre et Yvonne, ses grands-parents, d’Hubert, son père et de son oncle Georges, ancien maire de la localité, tous inhumés dans le cimetière communal. Une centaine de personnes avaient pris place à l’intérieur de l’édifice religieux, dont l’orgue Filipowicz datant du XIXe siècle et le gisant représentant la Vierge au tombeau, sont classés monuments historiques. Parmi elles, Sylvette, la mère de Solveig, résidant aujourd’hui dans le midi de la France, Dominique, l’époux de la défunte et sa fille Vénus, tout juste âgée de 8 ans.

L’hommage de la profession la veille à Paris

On remarquait également dans l’assistance la présence de Wim Wenders, ancien compagnon de la jeune femme, qui lui donna son plus beau rôle à l’écran en 1987 dans Les ailes du désir. Le début d’une longue collaboration qui devait se poursuivre avec les films Jusqu’au bout du monde et Si loin et si proche.

Si le monde du spectacle avait hésité à braver les frimas de l’hiver vosgien, la grande famille du cinéma s’était réunie la veille à Paris dans un hôtel particulier du Marais, afin de rendre un dernier hommage à celle qui dès l’adolescence passait chaque été ses vacances à Bulgnéville. Hier la cérémonie religieuse célébrée par le père Jacques Heinrich, devait privilégier la sobriété dans le recueillement. Une simple liturgie de la parole, selon les propres termes du prêtre, préférée à une messe solennelle et excluant toute prière eucharistique. Instants poignants d’un scénario écrit pour l’éternité.

Dominique BATTINI


[La Liberté de l’Est

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