Pierre CHAN

[ Vincennes (94) , 01/06/ 1929 – Strasbourg (67) , 06/08/ 2004 ]

président du Théâtre du Peuple

Biographie vosgienne

2004 — L’Est républicain

Décès de Pierre Chan

Le président du Théâtre du Peuple de Bussang est mort hier à Strasbourg à 74 ans.


Photo d’archives Ludovic LAUDE

ÉPINAL. - Avant de s’en aller, Pierre Chan voulait régler au mieux la succession du Théâtre de Bussang. Il le tenait de sa mère, Marie-Anne, fille de Maurice Pottecher, le créateur de cet incroyable théâtre de verdure dont on a fêté le centenaire en 1995. Pierre Chan est parti trop vite. Le Théâtre du Peuple le pleure, et essaye d’imaginer la suite sans lui.

Pierre Chan, ingénieur en retraite, compositeur de musique, siégeait à la présidence du Théâtre du Peuple depuis les années 80. Mais cela fait plus de trente ans qu’il assurait sa pérennité. Pierre Chan en avait hérité comme d’une ancestrale demeure, dont on ne se sépare jamais. Antoine, Copeau, Jouvet, Vilar... Tous les grands du théâtre français sont passés dans cette vallée de Bussang, entre Vosges et Alsace.

Progressiste, Pierre Chan s’est toujours battu afin que le Théâtre du Peuple garde son indépendance vis à vis de toutes activités politique et morale. A ce grand-père dont le génie a été de croire que l’on peut faire du grand théâtre au fin fond d’une vallée, Pierre Chan avait consacré l’année des cent ans du Théâtre, un recueil des meilleures pièces de Maurice Pottecher.

Hier soir, on jouait « La vie de Galilée » à Bussang. L’une des œuvres les plus fortes de Bertolt Brecht. Le rideau est tombé sur la tristesse. Mais le spectacle continue. Jusqu’au 29 août.

[ L’Est républicain , 7 août 2004, Marie-Ange Creusot ]

2004 — La Liberté de l’Est

Décès de Pierre Chan : émotion au Théâtre du Peuple

ÉPINAL.- Alors que les représentations se poursuivent au Théâtre du Peuple de Bussang, le directeur du théâtre, Christophe Rauck et toute son équipe tiennent à dédier cette saison et plus particulièrement les représentations de La Vie de Galilée et de J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne, à Pierre Chan, président du Théâtre du Peuple depuis 1976, petit-fils de Maurice Pottecher, décédé vendredi à Strasbourg.

Nous lui rendons un grand hommage pour le rôle qu’il jouait ici depuis trente ans, attaché à l’indépendance absolue du Projet artistique et culturel du Théâtre du Peuple et à sa pérennité, commence à lire avant la représentation, Christophe Rauck. Nous lui en sommes reconnaissants et nous resterons fidèles à son engagement.

Décédé le 6 août à Strasbourg des suites d’une longue maladie, Pierre Chan est né le 1er juin 1929 à Vincennes. Il était le petit-fils de Maurice Pottecher, fondateur du Théâtre du Peuple en 1895, fils de Marianne Pottecher et de Georges Chan.

Diplômé de Sciences politiques Paris et du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, classe de René Leibowitz, il a mené parallèlement son métier de conseiller en organisation et en gestion d’entreprise et son activité de compositeur. Il a écrit différentes pièces pour piano, trio à cordes, orchestre, chœur ou voix solistes, jouées à la radio et en concerts et dernièrement un opéra de chambre en cours d’édition Phoolan Devi, reine des brigands. Il a épousé Margot Lefevre, comédienne de l’école du TNS, et a eu la joie d’être père à 56 ans de jumeaux, Camille et Georges, nés en 1985.

Membre du conseil d’administration de l’association du Théâtre du Peuple, il a été élu président en 1976 et le restera jusqu’à sa mort. Président très actif dès 1989, il a veillé à l’indépendance absolue du Projet artistique et culturel du Théâtre du Peuple et à sa pérennité. Il a été promu Chevalier de l’Ordre du Mérite et des Arts et Lettres en 1993. Il luttait contre la maladie depuis février dernier, trouvant ses ressources dans la lecture, l’écriture et la musique.


[La Liberté de l’Est, 8 août 2004].

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