2013 —
Vosges Matin
Pierre Alévêque nous a quittés
C’est une figure de la cité [des Images] qui a disparu avec le décès de Pierre Alévêque survenu vendredi à l’âge de 94 ans. Né à l’Arbresle (département du Rhône), c’est là qu’il devait épouser Hélène Gauthier en 1948, qu’il avait eu la douleur de perdre en 2002. Le couple a eu deux filles : Marie-Hélène, chargée de communication au Conseil général des Vosges, et Dominique, musicienne et enseignante au conservatoire de musique Gautier-d’Épinal.
Titulaire des croix de guerre 1939-1945, du combattant volontaire de la Résistance, des TOE et de la valeur militaire, officier de la légion d’honneur et commandeur de l’Ordre national du Mérite il avait été engagé volontaire dès les débuts de la Seconde Guerre mondiale, engagé dans les combats de Belgique et des Ardennes dans la 1ère division marocaine.
En 1942, il entrait dans la Résistance, sous le pseudonyme de Gravillon, au sein du maquis de la vallée d’Azergues avec lequel il devait participer à la libération de Lyon.
Admis à l’école militaire préparatoire d’Auvours, il en sortait sous-lieutenant en 1947, avant d’être affecté dans les unités de tirailleurs marocains et algériens. De 1949 à 1952, il participera à la campagne d’Indochine où sa conduite lui vaudra d’être fait chevalier de la légion d’honneur. Après quoi il retournera au Maroc où il prendra part à la guerre du Rif en 1955 et 1956. Affecté en 1958 comme instructeur à l’école d’application de l’infanterie à Saint-Maixent, il devait rejoindre l’Afrique du Nord, affecté au 7e régiment de tirailleurs dans le secteur opérationnel des Aurès. A l’issue de cette campagne, en 1962, il rentrait en métropole avec ce prestigieux régiment qui prenait garnison à Épinal avant de devenir le 170e R.I.
Affecté par la suite à l’état-major de Metz, le lieutenant-colonel Alévêque choisissait de se convertir à la vie civile. Celui qui avait tant bourlingué choisissait aussi de se fixer à Épinal où il entamait une seconde carrière, dans le cabinet d’assurances Juteau, jusqu’à l’âge de la retraite.
Sauf que qui s’était toujours engagé au service des autres - au sein de l’Église protestante notamment - avait trouvé une autre voie pour le faire. C’est aux côtés d’Albert Voilquin et sous la bannière du parti des républicains et indépendants qu’il est entré en politique. Et c’est avec Philippe Séguin qu’il a effectué deux mandats (ou presque, puisqu’il a démissionné avant la fin du second) en qualité d’adjoint. Elu apprécié de ses concitoyens car étant considéré à juste titre comme attentif et à l’écoute de tous, il a activement oeuvré à la création du Sitas (le syndicat intercommunal des transports urbains de l’agglomération d’Épinal) et du Siassis (le syndicat des services des sapeurs-pompiers devenu depuis le Sdis).
Il était aussi amoureux des arts et a été à l’origine de la création de trois académies de musique, celles de Xertigny, de Vittel et d’Épinal qui devaient donner naissance au Floréal musical d’Epinal par la suite.
Le colonel en retraite Pierre Alévêque sera inhumé demain mardi 31 décembre au cimetière de L’Arbresle. Un culte de consolation aura lieu le samedi 4 janvier à 14 h 30 au temple protestant d’Épinal.
[Vosges Matin, 30 décembre 2013].