Joseph MIQUE

[ ??, 1757 – Charmes (88), 27/03/1816 ]

préfet

Biographie vosgienne

1833 — Biographie universelle ou Dictionnaire historique

MIQUE (Joseph), officier de la Légion d’Honneur, grand cordon de Saint-Michel, chevalier de seconde classe de l’ordre de Ste-Anne de Russie, préfet du département de la Meurthe, né en 1757 d’une famille très ancienne d’Alsace, qui fut ennoblie en 1472 par l’empereur Frédéric III pour services rendus au saint-empire, était avant la Révolution avocat à la cour royale de consultation. Dévoué à la cause de la monarchie, il fut obligé de se soumettre en 93 à trois mandats d’amener lancés contre lui. Il perdit une partie de la fortune que son père lui avait laissée. Aussitôt que l’ordre commença à se rétablir, Mique revint à Nancy, où il reprit ses anciennes occupations du barreau ; mais ses xxxx, son crédit et ses connaissances furent spécialement employés pendant les années qui suivirent xxxx la rentrée de ses compatriotes qui avaient émigré et à les faire réintégrer dans leurs biens xxxx. Mique continua à s’occuper d’affaires particulières jusqu’en 1814. A cette époque, l’ardeur de ses xxxx le jeta au plus épais du mouvement royaliste qui se préparait. Porté par ses opinions bien connues et xxxx par son courage à la tête de l’administration xxxx qui s’organisait quand toute administration régulière avait disparu, Mique fit offrir au comte d’Artois, qui était alors à Vesoul, ses services et sa maison, en l’engageant fortement à s’avancer jusqu’à Nancy où il se trouverait plus à même d’imprimer une direction au parti royaliste de l’Est. Le prince accepta, et fut reçu hors des portes de Nancy par Mique et deux conseillers municipaux qu’il avait seuls pu amener avec lui tant la terreur qu’inspiraient les armes de Napoleon était grande ; encore ces deux conseillers avaient-ils pris la précaution d’aller auparavant protester chez un xxxx contre l’imprudence qu’ils allaient commettre, le prince resta dans l’hôtel de Mique, et ce fut de là qu’il fit ses premiers actes de lieutenant-général du royaume, qu’il prit l’uniforme de colonel de la garde nationale, et qu’il obtint que les autorités militaires russes le reconnussent et le traitassent en prince français et non en aventurier étranger.

Par une fortune assez singulière, les ancêtres de Mique avaient déjà eu deux fois l’honneur de recevoir chez eux des têtes couronnées. L’empereur Mathias avait logé, en 1596, dans la maison des Mique à Strasbourg, ainsi que le prouve l’inscription suivante, qui y fut placée par son ordre : Mathias, par la grâce de Dieu, césar toujours auguste de l’empire romain, touché des vertus et de la gloire des ancêtres (majorum splendore) de Sébastien xxx de Boffruin, a fait décorer sa maison de ses armes pour en perpétuer la mémoire ; et 34 ans auparavant, en I552, Charles-Quint y avait également été reçu, et avait voulu que la magnifique hostilité qu’il y trouva fût consacrée par une première inscription non moins honorable.

Le comte d’Artois, avant de quitter Nancy, nomma Mique lieutenant général de police pour les provinces de Lorraine et du Barrois, titre qu’il conserva jusqu’au moment où une ordonnance datée de Paris l’appela aux fonctions de préfet de la Meurthe. Louis XVIII le nomma chevalier de la Légion-d’Honneur et de Saint-Michel, et quelques mois après, le duc de Berri le reçut officier de la légion à Nancy en lui disant : Mique, je vous dore, mon père fera le reste. Effectivement, Monsieur, repassant à Nancy, crut lui accordet une nouvelle faveur en lui annonçant, au nom du roi, qu’il était ennobli : il ignorait que Mique était gentilhomme.

Pendant les Cent-Jours, plusieurs mandats d’amener furent décernés contre lui ; mais il parvint à se soustraire à toutes les recherches dont il était l’objet.

A la seconde restauration, sa préfecture ne lui fut pas rendue. L’extrême délabrement de sa fortune, presque tout entière perdue ou compromise par suite du rôle politique qu’il avait accepté, ne lui permit plus de redemander des fonctions dont il n’entendait pas faire une spéculation financière ; mais il fut proposé comme député par une forte minorité de royalistes, lesquels succombèrent cependant sous les efforts du plus grand nombre, qui voulurent l’abbé Louis.

Peu de temps après, Mique, qui possédait toujours la confiance du comte d’Artois, fut blessé à mort en tombant de sa voiture sur la route des Vosges. Il allait, dit-on, remplir Une mission d’une haute importance. Il expira à Charmes le 27 mars 1816. Son corps fut rapporté à Nancy en grande pompe, et la douleur du peuple fut le plus bel éloge de son caractère et d’une administration qui avait épargné à Nancy l’exécution des plus violentes menaces de la part des armées étrangères.


[in Biographie universelle ou Dictionnaire historique contenant la nécrologie des hommes célèbres de tous les pays, etc.- Par une société de gens de Lettres, de professeurs et de bibliographes.- Paris : Furne libraire-éditeur, 1833.- Tome 6, page 163].

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