Marcel REMY

[ Neufchâteau (88), 09/01/1909 – Vittel (88), 09/04/2004 ]

militant syndical et politique

Biographie vosgienne

2004 — L’Est républicain

Décès de Marcel Remy


Avec la disparition de Marcel Remy, c’est un peu de l’histoire d’Epinal qui s’en va. D’une fidélité rigoureuse et exigeante à ses idées internationalistes de paix et de fraternité, d’un amour passionné pour les Vosges, Marcel Remy aura été témoin du passé d’Épinal.

Né en 1909 à Neufchâteau, d’un père facteur, qui avait fait la guerre des Boxers, il fait ses classes primaires à l’école de la rue Durckheim, puis secondaires au Petit Lycée d’Épinal, avant d’entrer à 16 ans sur concours dans les PTT. Il est nommé titulaire à la recette principale d’Épinal, passe un an de service militaire au 18e génie de Nancy, où il s’initie à l’espéranto. Revenu à Épinal en 1932, il s’y marie avec Henriette Lorange qui travaillait à l’agence Havas.

Dès 1926, il adhère au Parti Socialiste et à la CGT, mais la tendance pro-communiste de celle-ci l’incite à entrer en dissidence avec quelques autres et quelques mois plus tard, il fonde avec l’un de ses meilleurs amis, Pierre Blanck, la Fédération ouvrière des Vosges devenant rédacteur en chef du Travailleur Vosgien avec Pierre Blanck et Pierre Mainbourg, secrétaire fédéral du PS.

C’est dans ces années-là qu’il milite en faveur de l’espéranto, lance une section locale de la Ligue Internationale de l’espéranto et organisé des cours à Épinal. Au moment du Front Populaire, il se lance en campagne avec ses amis Videau et Hattenberger, anciennes figures spinaliennes, et se présente, sans succès aux élections. Puis c’est la mobilisation et la guerre. Fait prisonnier en 1940 à Viberviller, sans vouloir jamais se servir de son fusil, il passe de stalag en commando puis dans une usine de machines agricoles, restant cinq années en Allemagne.

Après la guerre, il réintègre la recette principale d’Épinal, puis est promu receveur à Mohon dans les Ardennes. En 1961, il est receveur à Thaon-les-Vosges où il termine sa carrière en 1969, revenant passer sa retraite dans sa maison d’Épinal, sans cesser de militer discrètement mais passionnément pour son syndicat, pour son parti, et pour l’Association des retraités des PTT.

Adhérent fervent du mouvement de la Libre Pensée, non moins fervent socialiste, pur et dur, il a toujours cru aux valeurs de travail, d’effort et de fraternité. Il avait choisi comme devise la célèbre phrase de Jean Jaurès : Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire.

Marcel Remy et son épouse Henriette ont eu deux enfants : Pierre, employé de la SNCF, artiste et poète, décédé il y a 4 ans, et Michel, actuellement professeur à l’université de Nice qui avait avec une bande de copains, lancé et animé l’Aca et la Boïte à films entre 1975 et 1985.

Marcel Remy repose au columbarium du cimetière de Chantraine.


[L’Est républicain, 16 avril 2004].

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