Bernard HUIN

[ Epinal (88), 29/09/1942 – Epinal (88), 10/08/2000 ]

conservateur de musée

Biographie vosgienne

2001 — Annales de la Société d’Emulation des Vosges

Bernard Huin (1942-2000)


Bernard Huin est né à l’hôpital Saint-Maurice d’Epinal, situé à proximité du Musée départemental des Vosges, le 29 septembre 1942. Pierre Huin, son père, originaire de Haute-Marne, était Secrétaire départemental Jeunesse et Sports, avant de devenir inspecteur, puis Inspecteur Général Jeunesse et Sports. Pierre Huin fut également le Premier Adjoint au Maire d’Epinal, Pierre Blanck, de 1977 à 1983. Marie-Hélène Bouchard, la mère de Bernard Huin, est d’une famille spinalienne, fille de Emile Bouchard, Receveur municipal. Bernard avait une soeur cadette, Marie-France.

Après l’école maternelle et élémentaire de la Loge Blanche à Epinal, Bernard Huin passa deux années à Conakry en Guinée avec sa famille, puis rejoignit Epinal pour des études littéraires au lycée Louis-Lapicque, de la 4e à la Terminale. Une année de Droit à Nancy, avant une licence d’Histoire de l’Art à la Faculté de Lettres de la même ville. L’étudiant consacra sa maîtrise d’Histoire de l’Art à Yves Klein, après avoir été définitivement séduit par l’étude de l’Art contemporain.

Marly-le-Roi l’accueillit jeune marié et père de Stéphanie. Il y occupa un poste d’animateur culturel à l’Institut national d’Education Populaire (INEP), en alternance avec une formation universitaire qu’il complétait. En 1972, il est professeur d’Histoire de l’Art à l’Ecole de l’Image (Beaux-Arts) de sa ville natale qu’il ne quittera plus.

Nommé Conservateur du Musée départemental des Vosges et du Musée international de l’Imagerie à la suite d’André Jacquemin, Bernard Huin entre en fonction le 1er mai 1975. Le jeune Conservateur - il n’a pas 33 ans - va marquer durablement la vie de l’établissement public créé par le Conseil Général des Vosges en 1822. S’il avouait lui-même que l’archéologie n’était pas son domaine de prédilection, sa connaissance approfondie de la peinture ancienne et de l’imagerie populaire vaudra à ces deux départements du Musée des enrichissements importants.

L’extension et la rénovation du Musée, réalisées en deux tranches de travaux entre juillet 1986 et novembre 1992, constituent son oeuvre, à la réalisation muséographique reconnue et appréciée : mise en valeur des oeuvres, luminosité, ouverture du bâtiment sur lui-même et sur l’extérieur sont autant d’atouts pour un Musée original à plus d’un titre dans le Nord-Est de la France.

La collection d’Art contemporain, rassemblée par ses soins, oeuvre à part entière, est l’une des plus importantes de France. Ami de nombreux artistes, spécialiste reconnu d’art contemporain, le Conservateur n’hésitait pas à présenter ces choix comme personnels, éléments rassemblés comme le ferait un collectionneur s’engageant dans le pari sur la pérennité de l’ensemble, avec la conscience d’avoir oeuvré pour l’art de son temps. Alain Fleisher, photographe, cinéaste, écrivain et plasticien disait au Musée, le vendredi 23 février 2001, son regret de n’avoir pas rencontré Bernard Huin à l’origine d’une collection rassemblée avec un vrai regard, un vrai choix, une vraie personnalité, un vrai goût, ce qui n’est pas si fréquent.

Bernard Huin eut trois filles de son deuxième mariage : Apolline, Constance et Surangui. Il était aussi grand-père de Ninon et Valentin. Sa forte personnalité ne pouvait laisser indifférent. L’homme était secret. Qui sait son goût pour le dessin, depuis sa plus tendre enfance, sans cesse cultivé ? La musique accompagnait son travail, nourri de lectures soutenues, reflets d’une bibliothèque personnelle impressionnante. Sa vaste culture et son goût doublaient une honnêteté intellectuelle que j’ai appréciée pendant quinze ans dans le cadre des activités du Service éducatif du Musée. Son extrème gentillesse, enfin, n’était pas la moindre de ses qualités.


[Gérald Guéry]

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