Paul BARLIER

[ Epinal (88), 11/11/1917 – Epinal (88), 22/11/2001 ]

commerçant, homme de théâtre

Biographie vosgienne

2001 — La Liberté de l’Est

Paul Barlier n’est plus


Figure spinalienne, connue et estimée dans le milieu associatif et artistique, Paul Barlier s’est éteint jeudi 22 novembre à l’âge de 84 ans.

Issu d’une vieille famille spinalienne, Paul Barlier a vu le jour le 11 novembre 1917 à Epinal. Durant la seconde guerre mondiale, il épouse Yvonne Dispot, de l’ancienne fonderie éponyme, rue de Nancy. Cinq enfants naîtront de cette union, puis cinq petits-enfants.

Difficile de résumer en quelques lignes la vie passionnante de Paul Barlier. Il jonglait en effet entre son activité de commerçant (il tenait une épicerie à l’ancienne, face à la basilique) et son abnégation dans le bénévolat. Un sacerdoce qu’il partageait avec sa femme et toute sa famille.

Tour à tour cuisinier aux kermesses des écoles, artiste et metteur en scène au sein de la troupe de théâtre de la Louvière - qu’il avait fondée -, ou jouant saint Nicolas sous l’égide de la Société des Fêtes, Paul Barlier donnait dans tous les compartiments du jeu, associant toujours sa famille à ses activités. Pour cela, il se levait à 4 h du matin et travaillait à l’épicerie jusqu’à 20 h, de sorte qu’il dormait en moyenne 3 h par nuit.

Cet artiste, comme beaucoup de Spinaliens aimaient à l’appeler, a fait beaucoup pour le rayonnement culturel de la ville. Avant-gardiste, créatif, certainement il l’était, car il a su poser en son temps les premières pierres de l’édifice de l’actuelle culture spinalienne. En épicurien, il s’est battu pour faire vivre le théâtre, n’hésitant pas à envoyer une lettre au président de la République afin d’obtenir des subventions. Ses efforts et son dynamisme ont porté leurs fruits : la troupe de la Louvière a rayonné à travers toute la France. Paul Barlier a relevé le défi d’attirer des artistes de renom dans la cité des images.

Il s’attachait aussi à défendre les causes qui lui étaient chères. Sans lui, l’église du Plateau de la Justice n’aurait sans doute jamais existé. Son passage au séminaire durant sa jeunesse lui donnèrent des valeurs. C’est une des raisons qui le poussaient à reverser l’ensemble des bénéfices tirés des spectacles de sa troupe à la basilique. Son franc-parler, sa générosité, son charisme ont fait de lui un homme respectable et estimé.

Amateur de tennis - il a frappé la balle jusqu’à 75 ans !-, il était membre du tennis-club de Golbey depuis sa création. Preuve encore qu’il ne pouvait s’arrêter d’être en activité.


[La Liberté de l’Est, 26 novembre 2001]

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