Nicolas WOLFF

[ Rothau (67), 06/12/1761 – Colmar (68), 04/01/1846 ]

maître de forges

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

WOLFF (Nicolas)
Rothau, 6 décembre 1761 – Colmar, 4 janvier 1846


Fils de Jean Antoine Wolff, directeur des forges de Framont, prévôt de Rothau, et de Maria Anselme, Nicolas s’engage à 19 ans dans un régiment d’artillerie. Il devient sergent. À l’issue de son service en 1789, de retour à Rothau, il remplace son père à la direction des forges de Rothau et pratique le commerce de bois. Il acquiert ainsi une grande fortune durant la période de l’Empire.

Il est nommé maire de Rothau en 1803 et conserve cette charge jusqu’au 1er janvier 1813.

Lorsque l’Alsace est envahie par les troupes coalisées contre la France et que le maréchal Victor se replie sur la Lorraine, Nicolas Wolff appelle les habitants de la vallée de la Bruche à prendre les armes pour défendre leur territoire. Ils assaillent les cosaques vers Urmath puis se replient et mettent Rothau en défense. Ils repoussent l’assaut dans le cimetière de Rothau le 6 avril 1814, puis se dispersent. La tête de Wolff est mise à prix, sa maison est pillée et détruite par les troupes d’occupation ; lui-même se cache puis gagne Strasbourg assiégée, où il est envoyé au travers des lignes ennemies porter des dépêches à Napoléon 1er à Vitry. L’empereur le nomme colonel et lui confère la Légion d’honneur.

Lorsqu’il rejoint Strasbourg, Napoléon a abdiqué. Durant les Cent Jours, Wolff est chargé de constituer le 1er corps franc dans le Bas-Rhin, composé de 1150 hommes qui se réunit à Plobsheim, mais ses efforts sont inutiles car le 18 juin, Napoléon a été battu à Waterloo.

Revenu à Rothau, il fait l’objet d’une étroite surveillance policière et n’obtient pas les dommages de guerre dus pour la destruction de sa maison.

Marié en premières noces à Françoise Bronn, il a un fils et trois filles. Veuf en juillet 1810, il se remariait en décembre avec Marie-Louise Degermann dont il a six enfants.

Le tableau d’E. Gridel (détruit au musée de Saint-Dié en 1944) a immortalisé La Défense de Rothau en 1814.

Charles Wolff, fils aîné de Nicolas, qui avait servi dans les gardes d’honneur en 1813, sert d’officier d’ordonnance à son père lors de la création du corps de partisans.


Bibl. : Vigneron (Françoise).- Nicolas Wolff et la défense des Vosges, 1814-1815.- L’Essor, N° 73, juillet 1969.
Save (G.).- Nicolas Wolff et la défense de Rothau en 1814.- Bulletin de la Société philomatique vosgienne, tome XII, 1886-1887, p. 255-275.
Encyclopédie de l’Alsace, tome XII, p. 7802-7803.


[Albert Ronsin]

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