1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
THUILLIERES (Jean-Louis, sire de) , chevalier
… 1402… - 24 décembre 1453
Jean-Louis, troisième fils de Guillaume de Thuillières et de Jeanne de Montreux, est mentionné dans les documents à partir d’août 1402. Au cours des années qui suivent, il participe aux nombreux raids organisés par Simon, sire de Thuillières, son frère aîné. Les terres du roi de France situées dans la vallée de la Meuse sont pillées. Simon, Liébaut et Jean-Louis de Thuillières agissent pour le compte de Charles II, duc de Lorraine. Ils sont compris dans les lettres du roi de France qui condamne ce souverain le 1er août 1412, après avoir rappelé leurs nombreuses chevauchées.
Jean-Louis de Thuillières hérite vers cette époque des châteaux et seigneuries de Hardémont, qui proviennent de sa mère, et de Montjoye, possédés autrefois par les ancêtres de celle-ci. Il devient, comme ses prédécesseurs, un redoutable homme de guerre qui n’hésite pas attaquer en 1428 et au début 2429 Robert de Sarrebruck, sire de Commercy, puis à faire une course sur les terres de l’abbaye de Lure. Un peu plus tard, il est fait prisonnier au cours de la bataille d’Authon alors qu’il combat dans l’armée de Louis de Chalon ; il est remis en liberté après avoir versé une rançon de 100 000 écus.
Pendant ce temps, il rend de nombreux services au duc de Lorraine qui le récompense en lui abandonnant à titre héréditaire la tour de Valfroicourt, en mai 1435. Il devient conseiller de ce souverain avant le 30 juillet 1437. De son côté, Guillaume de Bauffremont, sire de Scey, lui concède à titre temporaire la ville et la forteresse de Châtillon-sur-Saône en garantie d’une dette de 1100 salus d’or. Son château et sa terre de Montjoye sont saisis lorsqu’il décide de participer à une guerre dirigée contre Frédéric, duc d’Autriche. Ce dernier lui accorde son pardon le 19 novembre 1440. En contrepartie, Jean-Louis de Thuillières devra lui rendre hommage, lui jurer fidélité et participer avec 20 hommes et pendant un mois à la guerre de Venise soutenue par le duc.
Huit ans plus tard, Jean de Saint-Priest de Montfaucon et fait prisonnier alors qu’il est occupé avec une petite armée a ravager les terres de Jean-Louis de Thuillières, qui se brouille avec Aimé du Fay, chevalier, seigneur de Bazoilles, et avec Isabelle de Thuillières, son épouse, à propos de la possession de la terre de Monthureux-le-Sec. Robert de Baudricourt, bailli de Chaumont, solutionne ce dernier conflit en septembre 1452. Le sire de Hardémont et de Montjoye dicte son testament au cours de ce mois. Quand il meurt, il est inhumé dans l’église de l’abbaye de Bonfays, située près de Mirecourt.
Il a épousé au début du XVe siècle Isabeau de Thuillières, sa petite cousine, qui disparaît le 19 octobre 1423. Elle lui donne les enfants suivants :
- Didier de Thuillières, chevalier sire de Montjoye, tige d’une branche de sa famille qui existe toujours en Allemagne,
- Guillaume de Thuillières, écuyer, auteur du rameau des seigneurs de Hardémont et de Darnieulles, éteint au cours de la seconde moitié du XVIe siècle,
- Liébaut de Thuillières, écuyer,
- Odette et Catherine de Thuillières, mariées à Jean de Lignéville et Liébaut de Bouzey.
Bibl. : Poull (G.).- Inventaire manuscrit des titres de la famille des sires de Thuillières, conservés dans un fonds privé.
Poull (G.).- Catalogue manuscrit des actes de la famille de Thuillières.
[Georges Poull]