1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
TACNET (Jacques Jean Edmond dit DUCREUX) , administrateur de sociétés, député des Vosges
Paris, 20 septembre 1912 – Montagnat (Ain), 1er février 1952
Fils d’un peintre en bâtiment, Jacques Tacnet épouse la fille d’un négociant en champagne et devient administrateur d’une société de commerce de vin en Champagne. En 1939, il est mobilisé comme soldat. Fait prisonnier en 1940, il s’évade, adhère en 1941 au Rassemblement National Populaire, parti collaborationniste et fascisant fondé par Marcel Déat. À Vichy en 1941, il devient rédacteur en chef à l’agence Inter-France, participe en Allemagne aux visites des camps de prisonniers par la mission Scapini.
Devenu suspect d’être un agent allemand, il quitte la France, passe en Espagne, y est interné quelque temps, puis gagne le Maroc en septembre 1943 et se fait mobiliser comme lieutenant. Mais il désire faire de la politique et arrive à Alger où il est reconnu et arrêté pour port illégal d’uniformes, de décorations et pour désertion. Interné le 21 janvier 1944, mis en résidence surveillée à Batna, il s’enfuit, gagne l’Espagne, adopte le nom de Ducreux et, en novembre 1945, revient en France.
À nouveau arrêté et condamné, il est enfermé à la prison de Bayonne pendant 45 jours. À la sortie, il devient secrétaire du président du parti radical. En 1947, il est candidat aux élections municipales à Épernay. En 1948, le parti radical des Vosges ayant demandé à Paris un candidat, Tacnet se présente. Il est élu conseiller municipal, puis maire de Wisembach en 1948. En 1949, il est élu conseiller général du canton de Fraize et se fait désigner au conseil général rapporteur général du budget. Il jouit auprès des autorités et des élus d’une grande réputation, qui le conduit à être élu député des Vosges le 17 juin 1951. Il siège au groupe radical-socialiste et travaille dans la commission des affaires économiques et de la reconstruction.
Le 1er février 1952, il est victime d’un accident de la route dans l’Ain, où il perd la vie en même temps que sa fille. Dans son portefeuille sont trouvées deux cartes d’identité révélant une double identité que les services de sécurité du territoire ont percée depuis quelque temps, mais qui est tenue secrète pour des raisons politiques.
Bibl. : Dictionnaire de biographie française, publié sous la direction de M. Prévost, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert. – Paris : Letouzey (lettres A- H. parues de 1928 à 1989), tome XI, col. 1318-1319.
Dossier de presse : Bibliothèque municipale de Saint-Dié.
[Albert Ronsin]