1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
SEITZ (Étienne), manufacturier
Remiremont, 1811 – Granges-sur-Vologne, 1884
Avant de devenir manufacturier, Étienne Seitz gère tout d’abord l’importante maison de confiserie que son père a fondée à Remiremont. Il la développe en mettant au point une machine destinée à produire des dragées, fonctionnant à la vapeur.
Pendant ce temps, il étudie les diverses façons de fonder et d’administrer une usine textile. Il se rend fréquemment à Xoulces, section de Cornimont, où les frères de sa seconde épouse possèdent un tissage de 170 métiers (Nicholas Frères). Il décide de mettre son projet à exécution en 1856, lorsqu’il dispose d’une somme de 100 000 Fr. Sur les terrains qu’il achète à Granges, il fait construire de vastes bâtiments à étages. L’un devient une filature et l’autre un tissage.
En 1860, il crée une autre filature à étages à Aumontzey. Ces usines sont actionnées par des roues hydrauliques et des machines à vapeur relativement puissantes. La crise cotonnière provoquée par la guerre de Sécession américaine ébranle fortement la situation financière de son entreprise. En 1864, son passif atteint 1 500 000 Fr. Aidé par Didier Walter, qui vient de devenir son gendre, il parvient à contracter des emprunts à échéances échelonnées. Il peut ainsi rembourser ses créanciers les plus intraitables.
En 1869, la société Seitz et Walter, créée au cours de l’année précédente, fait installer de nouvelles machines à Aumontzey. Le 3 mars 1870, elle fait l’acquisition d’un tissage situé à Bussang. Elle fait ensuite construire à Granges un nouveau tissage en rez-de-chaussée. Les mérites d’Étienne Seitz, maire de Granges depuis 1860, sont récompensés le 2 octobre 1876. Il est alors décoré de la croix de chevalier de la Légion d’honneur au cours d’une cérémonie qui a pour cadre sa nouvelle salle de tissage.
La société en nom collectif qu’il dirige et élargie le 11 juin 1877. À la suite de l’arrivée de Prosper Ancel, son second gendre, elle prend pour raison sociale Seitz et Cie. Étienne Seitz abandonne toute activité au cours de l’année suivante, après avoir été frappé d’hémiplégie. À la suite de sa disparition, ses deux gendres décident de se séparer. Avec les usines qu’il reçoit, Didier Walter crée la société D. Walter-Seitz. De son côté, prospèrent en scène font de la firme P. Ancel-Seitz.
Bibl. : Poull (G.).- L’industrie textile vosgienne, 1982 et 1983, p. 313 à 315 et 385-386.
Walter (Émile).- Historique des Maisons Étienne Seitz, Seitz et Walter, Seitz et Cie, D. Walter-Seitz et D. Walter-Seitz et Cie, juin 1951.
[Georges Poull]