Henry ROYER

[ Frenelle-la-Grande (88), 1866 – Villejuif (94), 1916 ]

cultivateur

"Roi de France".

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

ROYER (Henry), cultivateur, roi de France
Frenelle-la-Grande, c. 1866 – Paris-Villejuif, 1916


Cultivateur possédant des biens importants, Henry Royer, resté célibataire, est connu dans son village pour ses idées saugrenues. En 1906, l’application de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat le traumatise. Il place une croix sur sa porte et peint la façade aux trois couleurs nationales.

En 1913, il s’avise que son nom comporte le mot roy, il se persuade qu’il s’agit d’un message et qu’il est appelé à une mission divine. Il recherche celle qui est digne d’être la reine, compagne du roi. Il fait imprimer 4 000 cartes postales qu’il expédie dans toute la France dans lesquelles il offre aux femmes filles veuves et deshéritées d’enfants de venir passer 5 jours à Frenelle-la-Grande auprès du roi, pour la somme de 20 francs. Il semble qu’il n’ait eu qu’une seule prétendante à la royauté, mais elle ne fit pas l’affaire.

Sa maison étant occupée par un bataillon français, les soldats, vite au fait des idées de leur hôte, lui font entendre les voix de Jeanne d’Arc, de saint Michel et saint Gabriel.

Henry Royer croit son heure venue de se faire reconnaître roi de France. En décembre 1915, il se rend au palais de l’Elysée à cette fin. Il est conduit avec tous les ménagements à l’asile psychiatrique de Villejuif.

Il y rédige son testament le 28 février 1916.


Bibl. : L’Est Républicain, supplément du 21 juin 1988.


[Albert Ronsin]

Nouvelle recherche