1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
PRUDHOMME (Max), industriel et philanthrope
Iebsheim, 20 octobre 1869 – Epinal, 29 juillet 1942
Max Prudhomme est le fils du percepteur de Rouffach (Haut-Rhin). A l’issue de ses études secondaires, il devient représentant de commerce. Son intelligence remarquable et sa grande puissance de travail lui permettent de s’élever rapidement. Après avoir créé et dirigé le rayon de blanc des Etablissements Walter-Seitz, de Granges-sur-Vologne de 1897 à 1902, il fonde la société Prudhomme, Guyot et Cie qui devient plus tard le Comptoir de vente des Manufactures de Plainfaing. Il s’agit d’une nouvelle forme de vente des tissus produits par les industriels vosgiens. Les Etablissements N. Géliot et fils et huit autres firmes se joignent à lui au fil des années. Cet ensemble prend le nom de Société centrale cotonnière de l’Est en 1919. Max Prudhomme devient également administrateur, puis président du conseil d’administration de la Société cotonnière H. Géliot, de St-Etienne-lès-Remiremont (1940 à 1942), administrateur de plusieurs autres sociétés industrielles, de la Banque de France, juge puis président du Tribunal de commerce d’Epinal.
Pendant ce temps, il se dévoue au service du diocèse de Saint-Dié. Il se rend chaque année auprès du pape Pie XI, qui l’estime beaucoup, et le comble d’honneurs. Il est fait camérier d’honneur de cape et d’épée, vice-président des Chevaliers pontificaux, grand officier de l’ordre du St-Sépulcre et commandeur de l’ordre de St-Grégoire-le-Grand.
Sa plus importante action charitable intéresse la ville d’Epinal. En 1928, il fait l’acquisition à la Vierge de quatre hectares de terrain, dans le cadre de la société anonyme Le Foyer des grandes familles spinaliennes qu’il a fondée. Il y fait construire neuf villas pourvues de jardins ouvriers. En août 1931, il fait don de cet ensemble à la ville d’Epinal avec le terrain destiné à recevoir huit autres villas. A la suite de diverses difficultés d’ordre administratif, cette libéralité ne peut avoir lieu que le 29 décembre 1941, quelques mois avant la disparition du généreux donateur qui, à la suite de sa belle conduite durant la grande guerre, est titulaire de la croix de la Légion d’honneur et décoré de la Croix de guerre.
Parmi ses huit enfants, il convient de cité Gabriel Prudhomme, engagé volontaire en 1915 à l’âge de 16 ans. Deux ans plus tard, il devient le plus jeune chevalier de la Légion d’honneur de l’armée française. Il crée une exploitation prospère dans l’Ouganda quand la paix revient, rallie le général de Gaulle en 1940 et sert dans l’aviation comme pilote de chasse. Ce dernier le nomme délégué général pour l’Afrique orientale anglaise, en raison de sa bonne connaissance de l’Est africain. Il meut en janvier 1945 au cours d’une mission en Egypte.
Jacques Prudhomme, autre fils de Max Prudhomme est fait prisonnier en 1940. Il s’évade et gagne l’Espagne où il est interné. Il parvient enfin à se rendre au Maroc où il sert dans les Goumiers marocains. Il participe ensuite au débarquement de Provence avec la 1e Armée, combat en France et se distingue par sa bravoure à plusieurs reprises. Le 24 décembre 1944, il est grièvement blessé à Kaysersberg. Il meurt des séquelles de ses blessures trois ans plus tard, titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de guerre.
Bibl. :
Bossu (J.).– Chronique des rues d’Epinal, tome I, 1976, p. 97 à 100.
Poull (G.).– L’Industrie textile vosgienne, 1982 et 1983, p. 164, 315, et 472.
[Georges Poull]