1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
PELLERIN (Nicolas), imagier et imprimeur
Epinal, 30 avril 1793 – Epinal, 6 septembre 1868
Il collabore avec son père dès le 1er Empire. Elevé dans l’imprimerie familiale, il en connaît tous les secrets. Il succède à son père en 1822. Le 31 août 1826, il épouse à Epinal Anne-Marguerite Villemin, fille d’un marchand de fer. Il possède l’imprimerie familiale en indivision avec Pierre-Germain Vadet, son beau-frère.
Ce n’est qu’en 1828, après de nombreuses démarches, qu’il obtient son brevet d’imprimeur et de libraire. Il ne cesse de transformer et de moderniser l’outillage, d’améliorer les procédés de l’imagerie (développement de la stéréotypie). Dès mars 1812, il fait partie de la Loge La Parfaite Amitié dont son père était Vénérable. En 1813, cette loge s’étant fondue avec celle de La Parfaite Union, il en devient également l’un des membres. Comme son père, il n’a guère de goût pour la vie publique et n’entre au conseil municipal d’Epinal qu’en 1843. En 1832, il rachète La Sentinelle des Vosges, journal bi-hebdomadaire fondé l’année précédente par l’imprimeur Faguier. Ce périodique, très marqué à gauche, fit paraître son dernier numéro le 11 mai 1833.
Dès la Révolution de 1848, à la fin de mars, Nicolas Pellerin lance La Tribune vosgienne, journal politique bi-hebdomadaire, qui affiche un républicanisme modéré. L’existence en est aussi éphémère que La Sentinelle, puisque La Tribune disparaît dès la fin de l’année.
Sous la direction de Nicolas Pellerin et de Vadet, l’imagerie poursuit son âge d’or : c’est la grande époque des bois gravés par Georgin dont le ciseau immortalise les batailles napoléoniennes. La maison passe de 45 employés en 1829 à 88 en 1845. Dans les années 1830, Pellerin atteint une production annuelle variant de 25 à 125 000 images. En 1850, il introduit la lithographie dans ses ateliers comme moyen de reproduction des images. En 1854, l’affaire est cédée à Charles Pellerin, fils de Nicolas, et à Letourneur-Dubreuil, gendre de Vadet.
[Pierre Heili]