Jean PELERIN dit VIATOR

[ Vihiers (49), 1440 – Toul (54), 01/02/1524 ]

ecclésiastique, diplomate, architecte

Né vers 1435-1440.

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

PELERIN (Jean), dit VIATOR, chanoine de Saint-Dié, diplomate, architecte
Vihiers (Maine-et-Loire), v. 1440 – Toul, 1er février 1524


Jean Pèlerin est fils de propriétaires fonciers établis au Bois-Jouan, paroisse de Coron, dans le diocèse de Maillezais.

Son grand-père, Jehan Pélerin, conseiller et chambellan de Louis III d’Anjou, frère de René Ier, suivit ce dernier en Lorraine et reçut la seigneurie de Thélod près de Vézelise. Il eut deux fils. L’un, retourné en Anjou, fut le père de notre Jean Pèlerin ; le second, Pierre Pélerin de Thélod, en 1477 reçoit de René II, après la bataille de Nancy (1477), la garde du château de Saint-Dié et le titre de célerier.

Pierre Pélerin aura cinq enfants dont René et Nicolas, tous deux écolâtres de Saint-Georges de Nancy, qui sont donc les cousins germains de Jean dit Viator.

Lui-même entre dans les ordres, étudie le droit à Poitiers et à Angers. Après sa licence, il est en 1467 chargé de la juridiction de Thiors, puis devient secrétaire du roi de France Louis XI pour lequel il effectue plusieurs missions diplomatiques. En 1470, il est placé comme secrétaire de Nicolas d’Anjou, marquis de Pont-à-Mousson, fils du duc de Lorraine. Louis XI le récompense en lui octroyant le prieuré de Saint-Cyr en Talmondois. De retour auprès de Louis XI en 1471, Jean Pèlerin est affecté au service de Commynes, prince de Talmont.

En 1476, il est chambellan de René II, duc de Lorraine, et assiste à la bataille de Nancy. Il est reçu chanoine de l’église de Saint-Dié vers 1478-1479 mais poursuit ses activités diplomatiques. En 1487, il se fait transférer à la collégiale Saint-Georges de Nancy et y fait représenter un mystère le jeu de Saint Georges. En 1490, il obtient la cure d’Autrey-sur-Madon et est à nouveau employé par le duc comme secrétaire. Pourvu d’une prébende de chanoine à la cathédrale de Toul vers 1496, il est toujours employé comme diplomate à Worms, à Rome, à Paris, en Touraine, pour le compte du duc, mais dans le même temps il est maître d’œuvre pour l’exécution du monument funéraire de Charles le Téméraire, puis pour le marnage des cloches de la tour Saint-Etienne à la cathédrale de Toul.

En 1502, Jean Pèlerin est administrateur de l’hôpital de Toul, maître de fabrique de la cathédrale où s’opèrent de nombreuses réfections : tours, salle capitulaire. Sentant sa mort prochaine, il règle ses affaires en 1523 et 1524 et lègue à ses confrères de Saint-Dié une paix d’argent à l’image de Sainte Véronique.

Jean Pèlerin est également connu pour ses œuvres littéraires et artistiques :

- Texte de Hiob translaté selon la vérité hébraïque. Et bref commentaire du viateur sur icelluy (Saint-Nicolas, sd. avant 1505).
- Compendium (1511).
- De Artificiali Perspectiva. Imprimé à Toul par Pierre Jacobi, de Saint-Nicolas-de-Port, 3 éditions : 1505, 1509, 1521. Dans cet ouvrage, il renouvelle la conception de la perspective.

Il a également laissé un portefeuille de cartes géographiques établies en collaboration avec Vautrin Lud, son ami, en vue de la préparation d’une édition nouvelle de la Géographie de Ptolémée, mais l’ensemble est perdu.


Bibl. : Montaiglon (A. de).- Notice historique et bibliographique sur Jean Pèlerin Viator.– Paris, 1861.
Brion-Guerry (L.).– Jean Pélerin Viator, sa place dans l’histoire de la perspective.– Paris, Belles Lettres, 1962, p. 348-426.
Save (G.).– Jean Pèlerin le Viateur, chanoine de Saint-Dié, de Nancy et de Toul.– in Bulletin Société Philomatique Vosgienne, 1897.
Clanché (abbé).– Le Chanoine Jean Pèlerin, ses travaux à Toul.– Nancy, 1928.


[Albert Ronsin]

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