Bernard PEIFFER

[ Epinal (88), 23/10/1922 – Philadelphie (Etats-Unis), 08/09/1976 ]

pianiste, compositeur

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

PEIFFER (Bernard), pianiste de jazz et compositeur
Epinal, 23 octobre 1922 – Philadelphie (Etats-Unis), 8 septembre 1976


En 1940, sa famille se replie à Marseille où il étudie au conservatoire et décroche un premier prix de piano. Conseillé par Samson François, il s’inscrit au cours d’harmonie de l’Ecole normale de musique de Paris. On raconte qu’un disque de Fats Waller, qu’il avait entendu à la radio, l’orienta vers la musique de jazz. Il fait ses débuts professionnels en 1943 et est engagé par André Ekyan. En 1944, il joue avec Django Reinhardt puis avec Hubert Rostaing. Après la guerre, tout en accomplissant son service militaire, il accompagne Joséphine Baker.

Démobilisé en 1946, il fait à nouveau partie de l’orchestre d’Ekyan avec lequel il passe à l’ABC en accompagnement de Jean Sablon. L’été 1947 le trouve à Nice, puis à la tête d’une formation à Juan-les-Pins. Il séjourne en Suisse, en Tunisie et effectue plusieurs tournées avant d’enregistrer un disque avec Rex Stewart en 1948. Il se produit régulièrement dans les Jazz Parades du théâtre Edouard VII et fait partie avec Bill Coleman et d’autres de l’Edwards Jazz Band. Après une apparition dans le film de Becker, Rendez-vous de juillet, il obtient en 1949 le grand Prix du disque de jazz qu’il remportera à nouveau en 1954, année de son départ pour les Etats-Unis où sa carrière se poursuit brillamment.

En 1955, il débute à l’Embers de New-York. En mars de la même année, il participe au concert donné en mémoire Charlie Parker décédé. Il enregistre aux Etats-Unis dès 1956. En 1957 et 1958 il se produit au Festival de Newport mais il travaille essentiellement à Philadelphie où il fixe sa résidence. En 1960, il parcourt 30 états et 30 000 kilomètres pour une tournée dans les collèges en trio avec Gus Nemeth et Jerry Segal. En 1965, il obtient la nationalité américaine mais il revient en Europe pour se produire dans différents festivals dont Antibes. Atteint d’une grave maladie rénale en 1970, son activité se ralentit dans le domaine du spectacle, mais il se consacre davantage à la composition et à l’enregistrement.

Scandaleusement oublié dans son pays d’origine, Peiffer a été unanimement loué par les meilleurs critiques américains. Doué d’une brillante technique, proche de celle d’Art Tatum, son père spirituel, et d’une excellente formation classique, il voulut introduire de nouvelles formes dans le jazz mais ses idées novatrices furent mal accueillies par la critique française. Les spécialistes apprécient son jeu sans compromission et son style flamboyant nerveux et inventif.


Bibl. : Carles (P.), Clergeat (A.), Comolli (J.L.).- Dictionnaire du Jazz.- Robert Laffont, p. 787.


[Pierre Heili]

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