1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
OLLONE (Henri Marie Gustave, comte d’), général, explorateur
Besançon, 4 septembre 1868 – Santaraille (Ariège), 7 octobre 1945
Fils de Ernest d’Ollone et de Marie-Adèle d’Amandre, Henri d’Ollone, bien que né à Besançon, se considérait, comme son frère Maximilien, Déodatien à cause des liens qui les attachaient à la ville natale de leur père et aux séjours prolongés qu’ils y firent au sein de leur famille.
Henri d’Ollone entre à l’école spéciale militaire le 29 octobre 1888, sort sous-lieutenant au 90e régiment d’infanterie le 1er octobre 1890 et passe lieutenant en 1892. En 1895, il fait la campagne de Madagascar avec le 200e R.I. Placé hors cadre colonies en novembre 1898, il est attaché à la mission Hostains chargée d’explorer les confins de la Côte d’Ivoire et du Soudan, en particulier le Haut Cavally, pour y trouver une voie de communication et fixer les limites de la République du Libéria. Il est nommé capitaine le 4 novembre 1899, rentre de la Côte d’Ivoire en mars 1900 ; il donne à Saint-Dié une conférence sur sa mission et publie De la Côte d’Ivoire au Soudan et à la Guinée (1902).
Il effectue des voyages d’études en Abyssinie, aux Indes, puis en Chine d’octobre 1903 à septembre 1904. A son retour, il publie La Chine novatrice et guerrière (1906). Enfin, du 25 décembre 1906 au 9 février 1909, il conduit pour le Service géographique de l’Armée une mission d’exploration en Chine à partir de Yunnan. Il traverse la frontière avec le Tibet et atteint le cours supérieur de Hoang Ho. Il rencontre la mission Pelliot à Lan Tchéou dans le Nord-Est du Tibet et poursuit jusqu’à Pékin par la Mongolie. Durant son séjour, il est promu au choix chef de bataillon le 23 juin 1908.
Il publie, outre sept volumes de documents scientifiques de la mission d’Ollone : Les Derniers Barbares, Chine-Tibet-Mongolie (1911).
Sa carrière se poursuit dans divers régiments d’infanterie, notamment au Maroc en 1913 où il travaille pour le Service géographique. Lieutenant-colonel en 1913, colonel en 1915, il commande durant la guerre 1914-1918 des régiments puis des brigades d’infanterie. Il est promu général de brigade le 23 décembre 1919 et commande diverses subdivisions militaires jusqu’à son placement en section de réserve en 1928. Il est mis à la retraite sur sa demande le 1er novembre 1941.
Il s’était marié à Versailles le 29 juillet 1914 avec Suzanne Marie Catherine de Ponthière (décédée en 1954).
Il avait reçu de très nombreux témoignages de satisfaction et des décorations françaises et étrangères à l’occasion de ses missions et de son attitude courageuse durant la guerre de 1914-1918, au cours de laquelle il fut blessé trois fois.
Dans l’ordre de la Légion d’honneur, il fut chevalier (1900), officier (1910), commandeur (14 juillet 1916), grand officier (13 mars 1933).
Son épouse et lui sont inhumés à Saint-Dié.
Bibl. : Service Historique des Armées de Terre, à Vincennes : dossier OLLONE.
Histoire Universelle des explorations.- Paris : Nouvelle Librairie de France, tome IV, 1956, p. 132.
Les Explorateurs célèbres.- Paris : Mazenod, 1948, p. 353.
[Albert Ronsin]