Jacques NAYRAL

[ Remiremont (88) , 15/05/ 1876 – La Bassée (59) , 16/12/ 1914 ]

journaliste , homme de lettres

Pseudonyme de Joseph HOUOT.

Biographie vosgienne

Courteville

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

NAYRAL (Jacques, pseudonyme de Joseph HOUOT), journaliste et écrivain
Remiremont, 15 mai 1876 – Hartmannswillerkopf, décembre 1914


Portrait de Jacques Nayral par Albert Gleizes (1911). Fils de Nicolas-Joseph Houot, avocat, il fait ses études secondaires au collège de Remiremont et obtient le baccalauréat de philosophie en 1893. Son oncle Jacques Mougin, imprimeur et propriétaire de l’Industriel vosgien, l’oriente sans doute vers le journalisme, mais c’est par la poésie qu’il commence à se faire connaître en publiant en 1897, sous le nom de Joseph Houot, un premier recueil de vers, Les chants de la tombe, où se développent les thèmes de la mort (Danse macabre), de l’Antiquité classique (les Triomphateurs, Hannibal…) et le patriotisme (Poème pour l’inauguration du monument aux morts de 1870-71…). L’influence de Victor Hugo, de Baudelaire et des Parnassiens y est évidente et la recherche de la difficulté (acrostiche sur les noms d’Henriette et de Madeleine) un peu gratuite.

En 1900, il devient rédacteur en chef de l’Indépendance vosgienne, journal républicain imprimé à Remiremont, et se mêle aux chaudes luttes politiques locales. Une affaire de grelons pseudo-miraculeux, tombés à l’heure d’une procession de la Vierge interdite par la municipalité, lui donne la trame d’un roman à clef, Le Miracle de Courteville (1908) où sont renvoyés dos à dos cléricaux et laïcs.

Monté à Paris dès 1907, il adopte le pseudonyme de Jacques Nayral et obtient une place de fonctionnaire à l’Assistance publique au bureau de bienfaisance de la capitale. Décidé à faire carrière, il fréquente les milieux littéraires et artistiques. Le peintre luxovien Jules Adler fait son portrait. Il offre ses œuvres à Guillaume Apollinaire et épouse en 1913 la sœur du peintre cubiste Gleizes. Son portait, réalisé par ce dernier, est exposé au salon des Indépendants en 1911 : il marque une étape importante dans le cubisme et fait connaître cette école au public « grâce à un joli succès de scandale pour cause de modernisme ». Jacques Nayral poursuit son œuvre poétique avec A L’ombre des marbres (1909), et la Dentelle des heures (1910) et s’essaye à nouveau au roman avec l’Etrange histoire d’André Leiris (1911).

A des fins alimentaires, il se compromet dans le vaudeville et fait jouer à la Comédie royale, le 24 janvier 1909, un acte en prose sous le titre « Un Jobard ». En 1910, le Théâtre des Arts donne l’Eclipse, pièce en trois actes. Mais c’est la représentation le 9 février 1911, au Théâtre Dejazet, des Camelots du 201ème qu’il a écrit avec Henri Clerc, qui font de lui un auteur à succès. La pièce sera imprimée chez Stock. Dès lors, jacques Nayral semble lancé, en 1911, il est secrétaire du Comité des lecteurs dramatiques de l’Odéon et en 1912, il devient directeur littéraire et de collection chez Figuière. Ses collaborations à la presse parisienne sont multiples. Il écrit dans Gil Blas, La Petite République, Paris-Journal, Excelsior, le Soleil du dimanche, les Sports, l’Aéro, le Penseur, Alceste, la Revue indépendante, Madame et Monsieur…

La guerre vient interrompre une carrière prometteuse. Bien que n’ayant pas fait de service militaire pour cause de réforme, il s’engage à l’âge de 38 ans et tombe au combat, en décembre 1914, sur les pentes de l’Hartmannswillerkopf en Alsace.


[ Pierre Heili ]

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