1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
MULLER (Benoît Adolphe), faïencier
Badonviller (Meurthe-et-Moselle), 28 mars 1833 – Raon l’Etape, 10 mai 1900

Fils de Jean Népomucène Muller (1799-1855) né à Neuenbourg dans le Pays de Bade, commis de tissage puis négociant à Badonviller employant 900 tisserands dans la ville et les villages, Adolphe Muller suit la même carrière. En 1853, il échappe au tirage au sort comme fils d’étrangers. Il est alors commis-négociant à Paris. Il revient à Badonviller et épouse, en 1860, Marie Claire Emma Aubry (1840-1918), fille d’un notaire de Raon-l’Etape, Nicolas Aubry.
Ce dernier achète en 1857 pour son fils Albert Aubry, dessinateur, la faïencerie de Joseph Malgras. Mais Albert Aubry meurt en 1865 et c’est sa sœur Emma qui reprend l’établissement avec son mari Adolphe Muller.
Adolphe Muller dirige la faïencerie et lui donne renommée et prospérité. Admis à domicile en France par décret du 14 mai 1872, il est naturalisé français en 1875. La même année il signe un contrat avec Emile Gallé et met à sa disposition dans sa faïencerie un atelier de décor et un four. E. Gallé y fait réaliser des faïences décorées avec ses dessins dans des moules du XVIIIème siècle qu’il avait trouvés, restaurés et réinterprétés à Saint-Clément, et qu’il transporte à Raon en 1876. Les peintres Descelles et Laurent collaborent à la réussite de cette faïencerie qu’Adolphe Muller dirige jusqu’en 1898. A son décès en 1900, l’entreprise est arrêtée et son gendre, Victor Brajon, utilisera les locaux pour y installer un commerce de vaisselle en gros.
Adolphe Muller, républicain modéré, ami influent de Jules Ferry, adjoint au maire de Raon-l’Etape, est élu conseiller d’arrondissement en 1895, puis maire de Raon-l’Etape, et enfin, en 1898 conseiller général du canton de Raon-l’Etape.
De son mariage avec Emma Aubry il eut trois enfants, dont deux filles, Marguerite et Madeleine, qui épouseront l’une Charles Marande et l’autre Victor Brajon, d’où sont issus Emile et Georges Marande qui dirigeront à Saint-Dié la grande quincaillerie Andrez-Brajon. C’est à Georges Marande que le musée de Saint-Dié doit le service de table dessiné par Gallé, réalisé à Raon-l’Etape chez Adolphe Muller, dont un exemplaire fut offert par le gouvernement français à la Reine de Roumanie en 1889.
Bibl. : Marande (G.).–
La Faïencerie de Raon-l’Etape, 1850-1898 dans
Recherches sur les anciennes poteries et faïences de Saint-Dié et de sa région (Catalogue d’exposition). Musée de Saint-Dié, 1980.
Ronsin (A.).–
En marge de l’exposition faïences et verres de Gallé à Raon-l’Etape, in
Regards, n° 169, mars 1987, p. 2.
Archives familiales de M. Georges Marande.