2010 —
Michel Bur
Charles François Remi COURCIER
Né à Mirecourt le 6 novembre 1758, il est le fils de Nicolas Courcier, docteur en médecine (1719-1786), et de Françoise Lerouge (+ 1781) et a pour parrain son oncle paternel Charles François Courcier, curé de Bonvillet et de Belrupt.
Il est qualifié en 1781 de « docteur, médecin surnuméraire des camps et armées du roi à la suite de l’hôpital militaire de Strasbourg ». Il obtient un brevet royal pour la visite des eaux minérales dans toute l’étendue du Présidial de Mirecourt et devient médecin stipendié de la ville et de l’hôpital bourgeois de Mirecourt. A la veille de la Révolution, il habite avec sa femme, deux jeunes enfants et deux domestiques une maison sise 1 faubourg de Mattaincourt. Il possède une vigne et un jardin au Hurteau sur le chemin de Ravenel, d’une superficie de cinq jours et une hommée. Pour un notable, sa fortune paraît modeste puisqu’il ne paie que 2 sous 9 deniers d’impôt, soit à peine plus que la moyenne des Mirecurtiens.
Il applaudit aux débuts de la Révolution, mais prend rapidement ses distances, ne participant à aucune instance révolutionnaire, tout entier tourné vers l’exercice de la médecine au profit des soldats et des malades de la localité. Alors que son frère Nicolas est destitué de ses fonctions de juge de paix et emprisonné, lui est simplement mis sous surveillance, le soixante-dix-huitième de soixante dix-huit, « car il ne marche pas dans le sens de la révolution » (26 septembre 1793). Cela ne l’empêche pas de signer en octobre une pétition réclamant que l’on remonte dans le clocher les cloches qui en ont été descendues pour fabriquer des canons.
L’indulgence dont il bénéficie s’explique par la popularité dont il jouit auprès des malades, ainsi qu’en témoigne une lettre adressée au « Comité de Salut public et aux citoyens membres du club des Montagnards et autres Fédéralistes séant à Mirecourt » :
« Exposent les pauvres citoyens de l’hôpital et de la ville de Mirecourt que, sur la rumeur publique, il nous est parvenu que le citoyen Remy Courcier, médecin des pauvres de ladite ville, étoit regardé comme un citoyen suspect et sans civisme. Nous attestons tous que jamais ce citoyen n’a tenu aucun discours contre la Révolution. Au contraire, il nous l’a fait aimer et chérir en nous consolant, en nous soulageant dans nos peines ; il est impossible que celui qui soigne les sans-culottes sans rétribution avec autant de complaisance et de bonté, qui fait tant de bien et de charité, ne soit pas un bon Républicain. Nous le regardons tous comme tel et nous assurons qu’il s’est toujours montré tel en soutenant notre cause. C’est en agissant ainsi qu’on se montre et que l’on est en effet patriote. Nous demandons au Corps constitué qui l’a rendu suspect de lui rendre son honneur comme bon patriote et de lever la suspicion dont on a couvert injustement à ses yeux notre médecin, notre consolateur et notre père ». Suivent une trentaine de noms et plus (BM Nancy, Favier, ms 723, t. 2, fol. 56). Remi Courcier fut rayé de la liste de surveillance en décembre 1793.
Sa situation paraît avoir été très précaire dans les années 1800-1803, époque où il est brouillé avec son frère. Il espère simplement en 1803 « que ses malheurs vont finir et qu’une nouvelle carrière va s’ouvrir devant lui ».
Il meurt à son domicile du faubourg de Mattaincourt le 31 décembre 1807 *.
A l’initiative de M. Jean-Paul Rothiot, son nom a été donné à l’un des pavillons de l’hôpital de Ravenel en 1993.
Marié à l’âge de 27 ans, à Mirecourt, le 9 mai 1786, à Marie Françoise Carré, née le 29 mars 1762, baptisée le 30 à Saint-Remy-en-Bouzemont (Marne, Vitry, c.l.c.), décédée à Mirecourt le 23 mai 1818, fille de Joseph Alexis Carré, chirurgien, et de Anne-Françoise Fossier, demeurant au dit Saint-Remy. D’où trois enfants : Charles, Joseph et Charlotte.
[Michel Bur, 2010, pour ecrivosges.]
* Le registre d’Etat civil de Mirecourt – décès (A.D. Vosges) précise que la déclaration a été faite le 1er janvier 1808 et que le défunt avait alors 51 ans.