Eugène GEORGES

[ Besançon (25), 16/03/1891 – Nancy (54), 26/05/1974 ]

médecin militaire

Biographie vosgienne

1974 — Le Pays lorrain

Le Dr Eugène Georges est décédé le 26 mai 1974 à Nancy, dans sa 84e année. Il était né à Besançon où son père, médecin militaire, était en garnison. Mais c’est Poussay, dans les Vosges, qui était son véritable berceau, et c’est là qu’il a voulu être enterré.

Après ses études secondaires à Nancy, aux écoles Saint-Léopold et Saint-Sigisbert, il fit sa médecine, passa par l’école militaire de santé de Lyon et suivit la même carrière que son père. Pendant la grande guerre, il fut particulièrement actif sur le front d’Alsace et aux Dardanelles. Son attitude courageuse lui valut plusieurs citations, la Croix de guerre et la Légion d’honneur.

Par la suite, il fut longtemps médecin-chef du 8e régiment d’artillerie à Nancy et, peu avant la seconde guerre mondiale, médecin-chef de l’hôpital Gama, à Toul. En 1940, il se retrouva dans les combats, notamment sur la Somme. Il termina sa carrière active à Lons-le-Saunier et à Mâcon.

Grand lecteur, collectionneur averti, passionné d’histoire et d’archéologie, le Dr Georges n’avait pas attendu l’heure de la retraite pour s’occuper dans ce domaine. Entre autres, il publia en 1938 l’Histoire de l’hôpital militaire de Nancy, donna d’intéressantes contributions au Pays lorrain et à diverses revues régionales sur l’art populaire, l’histoire militaire, la numismatique. Il publia également les mémoires du général Elbée, des parties inédites des mémoires de Chaudelot.

Lors des transformations du Musée Lorrain, en 1937, il avait accepté d’organiser les salles militaires et c’est lui qui avait créé le Musée militaire de la porte de la Craffe, entièrement pillé en 1940.

Après la guerre, le Dr Georges avait encore succédé à Paul Laprevote comme conservateur de la section de numismatique du Musée Lorrain, en même temps qu’il assumait la questure de l’Académie de Stanislas. Pendant plus de quinze ans, c’est lui qui organisa et dirigea les excursions de la Société d’archéologie lorraine dont il était le secrétaire.

Lorrain fidèle, fier de son ascendance profondément enracinée dans le Saintois, le Dr Georges a rendu, avec une assiduité souriante, avec beaucoup de discrétion aussi, des services dont sa disparition seule fera mesurer l’importance.


[Le Pays Lorrain, 1974, N° 3, p. 131]

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