André PAIRON

[ Toulon (83), 16/08/1918 – Neufchâteau (88), 11/08/2008 ]

lieutenant-colonel

Maire de Darney (1973-1988), conseiller général (1983-1988).

Biographie vosgienne

2008 — L’Est républicain - Vosges

Décès d’André Pairon

André Pairon allait avoir 90 ans. Le lieutenant-colonel, ancien conseiller général et maire de Darney, s’est éteint lundi.

Les habitants du secteur de Darney ont appris avec peine le décès du lieutenant-colonel André Pairon, survenu après une courte hospitalisation à Neufchâteau, à quelques jours seulement de ses 90 ans.

Appartenant à une ancienne famille darnéenne, André Pairon est pourtant né le 16 août 1918 à Toulon, où son père Joseph, militaire, était affecté à l’arsenal. La famille a regagné Darney après la Première Guerre mondiale. Joseph, ajusteur hors pair, créa alors un garage avec agence Renault, à une époque où l’automobile était en plein développement. André fit ses études secondaires au collège de Mirecourt, puis entra à l’école de l’Air des mécaniciens, puis à l’Aéronavale d’où il sortit navigant. Affecté à la 23e escadre, il fut engagé dans la bataille de France dès 1939.

Le 19 juin 1940, au lendemain de l’appel du général De Gaulle, il fit mouvement avec son escadre vers l’Afrique du Nord (Alger, puis Meknès et Marrakech). Promu officier au groupe de transport « Anjou », il participa aux campagnes de Tunisie puis de France, jusqu’au rapatriement des prisonniers de guerre et des déportés. Il quitta ensuite le personnel navigant, pour se spécialiser à l’école nationale supérieure des Télécommunciations, à Paris. Il fut ensuite affecté à la Direction technique industrielle de l’armée de l’air à Alger, puis à la base aérienne de Romilly-sur-Seine où il était chargé du développement des installations radar de la défense aérienne du territoire. Promu commandant en 1962, il rejoint à Paris le service des Télécommunications de l’Air, puis assura la responsabilité de la direction des constructions aéronautiques. Il fut nommé liutenant-colonel en 1969. Deux ans plus tard, il prit sa retraite pour se retirer avec son épouse et leur fils Gérard dans la maison familiale de Darney.

Pour sa carrière militaire exemplaire, il a reçu la Légion d’honneur, fut nommé Officier du Mérite national et titulaire de la Croix de Guerre 39-45.

Mais cet homme d’action ne resta pas inactif pour autant. Il fut élu maire de Darney de 1973 à 1988, puis conseiller général de 1983 à 1988, exerçant la responsabilité de questeur.

En tant que maire et conseiller général, il a toujours eu à cœur de faire évoluer avec harmonie Darney et son canton : logements sociaux, humanisation de l’hôpital, assainissement, station d’épuration, centre de secours, écoles et collège. Depuis 1988, il s’était retiré de la vie publique et vivait avec son épouse une retraite bien méritée dans cette ville de Darney qu’il a beaucoup aimée.


[L’Est républicain, mercredi 13 août 2008]

2011 — Vosges Matin

Darney
Elvire Pairon nous a quittés

Son mari fut maire de Darney et conseiller général du canton.

Le décès extrêmement brutal de Mme veuve André Pairon, survenu jeudi à son domicile, rue Lecomte, a été tristement ressenti par de nombreux habitants du chef-lieu et des environs.

Devenue Darnéenne à part entière à l’occasion de la retraite de son mari, le lieutenant-colonel André Pairon, elle était née à Oran le 25 mars 1920, au sein d’une famille de cinq enfants dont le papa fut militaire de carrière (après avoir été gazé à Verdun durant la Première Guerre mondiale).

Devenue adulte, Elvire Ballester avait tenu un kiosque à journaux à Oran et c’est ainsi qu’en 1941, elle fit la connaissance d’André Pairon, militaire dans l’Aéronavale qui avait quitté les côtes françaises dès juin 1940 pour gagner l’Afrique du Nord. Leur mariage eut lieu un an plus tard à Blida et Gérard naquit dans leur foyer en 1943.

Dès la victoire de 1945, Mme Pairon et son petit garçon traversèrent la Méditerranée pour venir ensuite dans les Vosges par le train, plus exactement chez ses beaux-parents chez M. et Mme Joseph Pairon, garagiste rue Lecomte. Pendant ce temps-là, André Pairon était entré à l’école nationale supérieure des communications à Paris, puis il fut de nouveau africain à la direction technique industrielle de l’Armée de l’air à Alger.

En 1952, avec le grade de capitaine, il fut responsable des services techniques de la BA de Romilly-sur-Seine puis, promu commandant, il assurait la direction des constructions aéronautiques et fut lieutenant-colonel en 1969, titulaire de la Légion d’honneur et du Mérite national. En 1971, il prit sa retraite et le couple s’installait à Darney. Ce ne sera pas pour l’inactivité, car M. Pairon deviendra maire de Darney en 1973 puis conseiller général à la mort du commandant Marulier, jusqu’en 1988. Grâce à sa grande expérience, il a amélioré Darney dans de nombreux domaines, soutenu par son épouse, personne volontaire à l’écoute des habitants tout en demeurant effacée.

Gérard, leur fils débutait sa carrière dans l’Education nationale puis au ministère de l’Intérieur avant d’entrer à la direction centrale de Citroën à Paris. Mme Pairon perdit son mari en août 2008 et dès sa retraite, son fils quitta la capitale pour vivre aux côtés de sa maman.

[Vosges Matin, 23 janvier 2011]

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