Décès de Daniel Chopinez
Le monde de la musique est en deuil. Daniel Chopinez, qui a tant donné pour la musique et les musiciens, s’est éteint hier à son domicile d’Epinal.
Né à Cirey-sur-Vezouze le 11 décembre 1942, Daniel Chopinez a grandi à Blamont où il a commencé la musique à l’harmonie municipale, faisant également de la variété avec son oncle et ses cousins. Il a suivi les cours du conservatoire de Nancy pendant ses études de coiffure qui lui apportèrent le brevet de coiffeur pour dames.
Diplômé de contrebasse, il obtint le prix d’excellence de trompette à Nancy. C’est vers 1965 qu’il est embauché à Epinal puis titularisé professeur de trompette à l’Ecole de musique. Il jouait également dans l’orchestre de l’Opéra de Nancy où il était adjoint d’enseignement dans la classe de son ami Dino Tomba au Conservatoire. Parallèlement, il faisait partie de la
Gamme en fa où, à la contrebasse il accompagnait les plus grands jazzmen.
Il devint en 1978 directeur adjoint de l’Ecole de musique dirigé par M. Henry à qui il succéda comme directeur de l’orchestre d’harmonie à son décès en 1970.
Homme engagé, il s’est battu afin d’apporter la qualité musicale à la portée de tous dans l’enseignement et dans la vie qu’il voua à la pratique musicale amateur, défenseur de la vie associative en général et de la musique en particulier. Pour lui, les associations servent à l’expression de la démocratie. Il voulait sans cesse apporter quelque chose aux autres. Longtemps président de la Fédération musicale des Vosges, mais également secrétaire général de la Confédération musicale de France. Toujours tourné vers les autres, il aimait les gens, mais en particulier ses élèves. Ses yeux pétillaient dès qu’il avait connaissance de leur succès.
Marié le 14 avril 1971 à Marie-France Behra, il apprit à donner de l’amour à ses enfants, Fabrice, ingénieur qui lui donna deux petits-enfants, Fanny et Tristan ; Aude, directrice des ressources humaines et Rémy, violoniste, transmettant sa passion pour la musique à tous.
Il a énormément donné afin d’obtenir un statut convenable pour les musiciens d’orchestre avec son souci des autres et, avec sa gentillesse, prenait toute chose à coeur. Très tolérant, très humain, c’est un homme exceptionnel qui fonçait dès qu’il croyait en quelque chose. Il s’est battu avec un courage admirable contre la maladie, entouré des siens, ne baissant jamais les bras.
[L’Est républicain, mardi 3 avril 2003]