1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
LUPOT (Famille), luthiers
XVIIe – XIXe siècles
Cette famille, connue à Mirecourt dès le XVIe s., se consacre à la création d’instruments de musique à cordes.
Jean dit le jeune, né à Mirecourt en 1652, fabrique des violons en 1680.
Jean-François (Mirecourt, 25 juillet 1684 – Mirecourt, 1er mars 1749), fils aîné de Jean, lui succède. Il doit son originalité à son talent de sculpteur. Il exécute des christs mais aussi des figures grotesques, en ivoire ou en bois de Sainte-Lucie, dont il orne les manches de ses violons.
François-Laurent (Mirecourt, 11 août 1686 – Orléans, apr. 1762), frère de Jean François, est maître d’école puis reprend le métier de luthier à Mirecourt. Il s’installe ensuite à Plombières puis à Lunéville ; enfin il se fixe à Orléans après 1756 et y décède.
François I (Plombières, 5 juillet 1725 – Paris, 1804), fils de François Laurent, il travaille avec son père à Lunéville puis se rend à Nancy. Retenu comme luthier du duc de Wurtemberg, il réside à Stuttgart puis à Ludwigsburg. En 1769 il se fixe à Orléans où il reprend sans doute l’atelier laissé par son père. Il s’installe à Paris en 1794.
Nicolas (Stuttgart, 4 décembre 1758 – Paris, 14 août 1824). Fils de François I, il est le plus célèbre de la dynastie. Surnommé le « Stradivari français », il travaille avec son père à Orléans puis à Paris ; dans cette dernière ville il est employé dans l’atelier Pigne et ouvre son propre atelier en 1798. Il est nommé luthier de la chapelle royale en 1815 et de l’Ecole royale de musique en 1816. A sa mort, la succession est assurée par son gendre, François Gand.
Nicolas réforme la lutherie dans la forme des instruments, dans le choix du bois employé, dans la facture et même dans les vernis.
Aux modèles d’Amati, qui inspirait la lutherie mircurtienne, Lupot substitue le modèle mis au point par Stradivarius. A l’érable uni et au sapin des Vosges, il préfère l’érable et l’épicéa de Suisse utilisés de longue date par les facteurs italiens. A la place du vernis jaune et dur, il fait choix d’un vernis à l’ambre, ou succin, qu’adoptent après lui tous les luthiers de Mirecourt.
François II (Orléans, 1774 – Paris, 4 février 1837), frère de Nicolas, s’installe à Paris en 1815. Il est surtout archetier. Il est sans doute l’inventeur de la coulisse appliquée à la hausse de l’archet.
La famille Lupot poursuit son activité de lutherie jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Bibl. : Antoine (G.).- Les Luthiers au XIXe siècle dans Mirecourt et Poussay, Journées d’études vosgiennes, 1982.- Nancy, 1984, p. 70-71.
Honegger (H.).- Dictionnaire de la musique, 1979, tome II, p. 668.
Bouvier.- Biographie générale vosgienne, p. 461.
Le Vosgien.- Général Humbert… notices biographiques, p. 440.
Gaugué (A.).- Mirecourt, p. 60.
Jacquot (A.).- La musique en Lorraine.
[Albert Ronsin]