1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
LEROY (Marie Henri Jean Joseph), agriculteur, militant syndical, député des Vosges
Charmois l’Orgueilleux, 31 mars 1887 – Golbey, 10 août 1978
Né au Saucenot-Harol, il est orphelin très jeunes et se retrouve avec une ferme en héritage. Bien que brillant élève du collège et poussé par ses maîtres à faire des études supérieures, il revint à Charmois exploiter son bien. A 16 ans, il crée le premier cercle d’études rurales de sa région. Il effectue son service militaire au 5e régiment d’artillerie et en sort sous-lieutenant. Il refuse de faire une carrière militaire et retourne à son exploitation agricole.
Il organise une coopérative agricole de vente et d’achat, fonde plusieurs syndicats agricoles et plusieurs mutuelles. L’esprit qui l’anime et le pousse à ces actions de solidarité et de coopération est le mouvement démocrate chrétien, symbolisé par le Sillon de Marc Sangnier, dont il est un des militants.
Durant la guerre de 1914-1918 il est lieutenant au 62ème régiment d’artillerie de campagne puis, avec le 109ème régiment d’infanterie, il est à Lorette. Passé au 31ème B.C.P. il combat à Verdun et dans la Somme, où il est blessé.
Conseiller municipal de Harol, président de l’Union Vosgienne des Anciens Combattants, il se présente sous l’étiquette de la Jeune République aux élections législatives. Le 3 mai 1936 il est élu député des Vosges.
Il intervient à la Chambre des députés sur la question de la création d’un office national du blé. Il est secrétaire de la Chambre des députés en 1939 et 1940.
Le 10 juillet 1940, il ne prend pas part au vote du projet de loi accordant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Son mandat de député expire en 1942. En 1939, bien que non mobilisable, il s’engage et est affecté comme commandant d’étape à Beauvais, à Ligny-en-Barrois, puis à Gondrecourt. Fait prisonnier, il est envoyé dans un oflag en Autriche et libéré en 1941 en tant qu’ancien combattant de 1914-1918 et père de 4 enfants.
Il fonde, après 1945, l’Union Vosgienne des mutilés anciens combattants et il assure de 1953 à 1964 la fonction de président de l’U.F.A.C. des Vosges.
Marié le 19 avril 1917 à Paris à Marguerite Gaume, décédée le 7 février 1978, il a quatre enfants dont le dernier, Claude, continue l’exploitation à Harol. Jean Leroy jouit de se retraite auprès des siens jusqu’au moment où il se retire à la Maison de Retraite de Golbey. Il est inhumé à Harol.
Il était chevalier de la Légion d’honneur depuis 1920.
Bibl. : Jolly.- Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome VI, p. 2254.
La Liberté de l’Est, 11 août 1978.
[Albert Ronsin]