Jérôme Jean WEINZORN

[ Niedermorschwihr (68), 29/07/1872 – Gruey-les-Surance (88), 06/11/1932 ]

ecclésiastique

Biographie vosgienne

1932 — Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié

WEINZORN Jérôme Jean.- M. l’abbé Jérôme-Jean WEINZORN, né à Niedermorschwihr (Haut-Rhin) le 29 juillet 1872 et ordonné prêtre le 29 juin 1902, fut nommé successivement vicaire à Raon-l’Étape le 5 juillet suivant, aumônier de l’Hôpital à Saint-Dié le 10 septembre 1908, curé de Hergugney le 15 juillet 1910.

Après un congé de convalescence à Charmes, en 1919, il devint curé de Saint-Rémy le 23 avril 1921, curé de Gruey-les-Surance le 8 septembre 1927. Il y est décédé le 6 novembre 1932 et y a reçu, le 8 novembre, la sépulture chrétienne.

[La Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié, vendredi 11 novembre 1932, N° 46, p. 550].




LES OBSÈQUES DE M. L’ABBÉ MOREL.- Un service funèbre fut célébré à la cathédrale pour M. l’abbé MOREL le mercredi 9. Mgr l’Évêque, qui y assistait, donna l’absoute. La messe fut chantée par M. l’Archiprêtre. Une foule nombreuse vint témoigner sa reconnaissance à l’ancien vicaire de la paroisse. Une cinquantaine de prêtres étaient présents.

L’inhumation eut lieu le lendemain à Gerbépal, devant toute la population et une vingtaine d’ecclésiastiques, parmi lesquels M. le chanoine MINOD, MM. les chanoines GILBERT, MAURICE, WINTERER, PETITJEAN, ROBERT. Le Grand Séminaire était représente par MM. les chanoines LAXENAIRE et THOMAS, par M. l’abbé PICARD et une délégation d’élevés. Les Brancardiers de Lourdes étaient également représentés. M. l’Archiprêtre de la Cathédrale prononça un très bel éloge funèbre, dont nous sommes heureux de citer un passage important :

« Ce que fut la vie terrestre de M. l’abbé MOREL se résume en quelques phrases, courtes comme un beau poème, mais lourdes de ses mérites et de son apostolat. Né le 16 décembre 1890, en cette chrétienne paroisse de Gerbépal, d’une famille qui compte parmi les meilleures et les plus honorées de ce vieux terroir vosgien, il est fait prêtre le 16 juillet 1914. Aussitôt nommé au vicariat de la Cathédrale, il rejoint son poste des le 22 juillet, et il ne le quittera qu’en octobre 1919, pour entrer comme professeur en notre grand Séminaire. J’ai parlé tout à l’heure de sympathie. Je dois dire maintenant la gratitude qui s’est attachée à chacun de ses pas.

Vicaire de guerre de Mgr THOMASSIN qui l’alma comme un fils, il eut à assurer le travail vicarial, rendu plus intense par la mobilisation de ses titulaires. Et quand, à son tour, il est pris par ses obligations militaires, il entre comme infirmier militaire en cet hôpital Saint-Cbarles où, plus tard, il dut si brusquement mourir.

C’est là qu’entre toutes ses amitiés, aussi variées que nombreuses et distinguées, il noue des relations qui lui resteront toujours aimables et fidèles. Nul n’a oublié à Saint-Dié ses dévouements de guerre, et, hier encore, le premier magistrat de la ville m’en donnait l’assurance, quand il me téléphonait sa peine de ne pouvoir assister à ses funérailles, en raison des obligations professionnelles qui l’appelaient à la préfecture. La palme, le drapeau et la délégation des Anciens Combattants qui accompagnaient son cercueil, nous sont le garant de l’estime en laquelle le tenaient toutes les formations militaires de la cité.

Archiprêtre de la Cathédrale, il m’est un devoir agréable de bénir sa mémoire et de louer son dévouement, en retour de tout le bien qu’il a fait à ma paroisse avant que Dieu ne me la confie. Je puis témoigner de la gratitude de tous nos paroissiens, et dire plus particulièrement la peine de ses nombreux amis.

Depuis octobre 1919, il était au Grand séminaire. Professeur attentionné autant qu’émotif, confident discret, directeur d’âmes dévoué, collègue aimable, amateur des découvertes modernes, ami des plaisirs et des voyages permis, prêtre pieux et régulier, il traça là, au milieu de notre jeunesse cléricale, un sillon fécond qu’il se proposait de creuser toujours davantage pour le plus grand bien des âmes. Dieu en a décidé autrement : nous ne pouvons que nous incliner devant ses éternelles décisions.

Entre-temps, au cours de ses annuelles vacances, il s’était fait le champion de Notre~Dame de Lourdes, et nos pèlerins déodatiens garderont longtemps en leur mémoire et en leur coeur l’aimable sourire de leur aimable second, toujours empressé à favoriser les élans apostoliques de Mgr MAIRE, son incontestable premier et maître.

Quand elle se fonda, l’an passé, l’Association de nos Brancardiers diocésains le choisit pour Aumônier... La douce « Patronne », en retour de tout ce qu’il avait fait pour Elle, assista certainement à son agonie : ce fut Elle, sans aucun doute, qui lui mérita de recevoir des mains de Mgr MAIRE, à 11 heures du soir, ses derniers sacrements avec une pleine connaissance, une parfaite résignation, une filiale soumission, une totale et généreuse acceptation de la mort qui accourait, vertigineusement rapide, mais messagère de Dieu et de ses éternelles récompenses. Un dernier geste, une dernière parole qui le peignent en un relief très caractéristique et quelque peu mystique : « Et maintenant, dit-il quelques instants avant de perdre connaissance, aux religieuses attentives qui le veillaient, agenouillez-vous, mes Soeurs, je vais vous donner ma bénédiction. La bénédiction d’un prêtre mourant porte bonheur ! »

[La Semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié, vendredi 18 novembre 1932, N° 46, p. 557-558].


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