1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
JOVÉ (Juanito, dit Jean), photographe
Barcelone (Espagne), 1876 - Pau (Pyrénées-Atlantiques), après 1951

Issu d’une famille de modestes commerçants épiciers du Paseo de Gracia dans la capitale de la Catalogne, Juanito Jové y passe sa jeunesse et, adolescent, fréquente l’école des beaux arts, apprend le métier de graveur et de photographe. A l’âge de vingt ans, il achète le droit de ne pas tirer au sort afin d’échapper au service militaire à Cuba et il se marie.
Ne voyant autour de lui que grands seigneurs et classes pauvres dans une société qu’il trouve moyenâgeuse, il décide de se rendre en France
pays de la liberté.
Au début de 1904, il arrive à Paris avec femme, enfants et vieille tante. Il photographie des paysages urbains et aussi Versailles et la forêt de Fontainebleau. Entendant parler de la forêt vosgienne, il s’établit à Laneuveville-les-Raon en décembre 1904. Il y photographie les bois et les roches. En 1906, il installe une boutique à Épinal, ville de garnison importante. Il expose de belles photographies et produit des cartes postales artistiques de paysage, mais il a peu de clientèle pour ses clichés.
Pour nourrir sa famille, il abandonne la photographie momentanément et part pour Déols (Vienne) où il travaille comme dessinateur, lithographe et graveur. En 1908, il s’installe à Limoges et reprend son métier de photographe de portraits en même temps qu’il continue la gravure et s’intéresse au cinéma. Il crée la revue
Arts et Lettres (1912-1913).
Sa première femme meurt en 1909 et le laisse veuf avec 4 enfants. Il se remarie presque aussitôt. En 1914, il s’engage comme photographe reporter dans l’aviation, mais il est refusé parce qu’il est étranger. Il se met alors au service de l’Oeuvre d’assistance aux invalides de guerre pour enseigner la photographie à l’école de rééducation de Limoges.
Pour permettre à sa femme de se soigner, il s’établit à Pau en 1920. Il est naturalisé français en 1931, il devient un reporter photographe reconnu. Après avoir apporté des améliorations au matériel de photographie, il s’initie aux autochromes de la Société Lumière. En 1937, il créé le photo-club béarnais, dont le siège est fixé à la Société des éditions Jové. Auteur de nombreux articles sur ses voyages, sur son art, il édite lui-même ses vues dans plusieurs séries appréciées :
Toute la France,
la France Immortelle,
Pau sous l’objectif.
Bibl. : Chauveau-Jové (Mme).-
Mon père Jové, pèlerin de l’image, Pau, 1975.