François Joseph Jean INGOLD

[ Nancy (54), 04/04/1894 – Paris (75), 18/12/1980 ]

général de division

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

INGOLD (François Joseph Jean), général de division, écrivain

Nancy, 4 avril 1894 - Paris, 1980


Hubert Ingold, né en 1864, époux de Louise Thévenin, après ses études à l’École des Eaux et Forêts de Nancy, est garde général à Chambéry puis fait toute sa carrière dans les Vosges, à Fraize et à Saint-Dié où il termine son service avec le grade d’inspecteur principal des Eaux et Forêts.

Bien qu’il soit né à Nancy, le général François Ingold, comme son frère Maurice, s’est toujours considéré comme un Vosgien. C’est que leur père, d’origine alsacienne, inspecteur des Eaux et Forêts, résida à Fraize de 1902 à 1914, puis à Saint-Dié, et ses fils ont passé leur jeunesse et leur adolescence dans la vallée de la Meurthe.

Après ses études primaires à Fraize, François Ingold entre au collège de Saint-Dié. En 1914, François et Maurice Ingold s’engagent dans le même régiment. Partis simples soldats, ils finissent la guerre sous-lieutenants avec plusieurs blessures et plusieurs citations, gagnées au cours des combats au Chemin des Dames, en Artois, à Reims et en Orient. Pour François, une parenthèse en 1915 où il est envoyé au Sénégal former et encadrer les recrues sénégalaises.

Après la guerre, il sert au Maroc durant la guerre du Rif, puis à Madagascar de 1921 à 1929.

De 1936 à 1939, il est affecté au service historique de l’armée de terre à Vincennes où il peut satisfaire son goût pour la recherche historique et l’écriture. Il publie alors ses premiers ouvrages : Au combat avec les troupes coloniales (1938), Dix batailles avec la Légion (1938), Les Troupes coloniales au combat (1939), Au combat avec les troupes noires (1940).

En juin 1940, lors de la signature de l’armistice, il est en poste à Fort-Archambaud (Tchad). Il rallie la garnison à la France Libre et il conquiert Koufra. Le gouvernement de Vichy prononce la confiscation de ses biens et le condamne à mort. En 1941, il est nommé commandant militaire au Cameroun et en 1942 au Tchad. En décembre 1942, le général Leclerc confie au colonel Ingold le commandement de la colonne du Tchad avec objectif Tripoli. Ingold dirige les opérations lors de la conquête du Fezzan où il gagne ses étoiles provisoires de général de brigade, confirmées en 1944. Il est ensuite directeur des troupes coloniales.

De 1958 à 1962, le général de division Ingold est chancelier de l’ordre de la Libération. Admis à la retraite, il s’installe dans la banlieue parisienne mais fait des voyages dans les Vosges et à Fraize. Il prend l’habitude d’envoyer ses livres à la bibliothèque de Saint-Dié et il dépose au musée de Saint-Dié les étoiles de général de brigade remises par Leclerc à l’issue de la bataille du Fezzan et la médaille éditée par l’administration des monnaies en 1960.

La liste de ses oeuvres est longue : elle compte 40 titres dont la majorité concerne la vie et l’honneur du soldat, l’Afrique, Leclerc, Kléber, et son frère Maurice.

Maurice Ingold, responsable de la résistance du secteur de Gérardmer durant l’occupation de 1940-1945, est arrêté par les Allemands, déporté et meurt dans un camp de concentration.


Bibl. : Grand dictionnaire encyclopédique Larousse, tome 6.
La Liberté de l’Est, 5 mars 1983.
Renseignements fournis par M. Gérard Ingold, fils du général.


[Albert Ronsin]

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