1952 —
Le Pays lorrain
Henri Guingot.- La mort de Henri Guingot, conservateur du musée d’Epinal, foudroyé par une crise cardiaque au matin du 25 avril, a mis en deuil toute la cité des Images.
Né à Nancy le 21 juin 1897, Louis-Henri-Joseph Guingot suivit les cours du Lycée pour entrer ensuite à l’Ecole des Beaux-Arts de cette ville. En architecture, ses maîtres furent A. Jasson et Emile André, tandis qu’André Philippe l’initia à la muséographie.
Avant la guerre, il s’adonna plus particulièrement à la sculpture ; il est notamment l’auteur du monument aux morts de Boismont (M.-et-M.), du monument Lederlin à Thaon, d’une statue de Jeanne d’Arc à Epinal, d’un tympan et d’une statue de l’église de Contrexéville ; à l’Exposition internationale de Paris en 1937, il participa à la décoration du Pavillon de Lorraine ; il laisse de nombreux bustes, modèles de faïence, plaquettes, portraits et médailles.
Les guerres mirent en valeur son courage souriant : celle de 1914-1918 où il s’engagea à l’âge de dix-sept ans ; celle de 1939 où il fut combattant volontaire pour prendre ensuite une part active dans la Résistance.
Depuis 1944, date à laquelle il succéda à André Philippe, il se dépensa sans compter pour la création du Musée National de l’Imagerie dont l’inauguration, les 23-24 juin 1951, fut un succès bien mérité. Son exquise affabilité, sa souriante bonhomie, son inlassable dévouement lui avaient attiré bien d’autres activités ; il était également conservateur de la Maison de Jeanne-d’Arc à Domremy et membre de nombreuses sociétés. La Lorraine perd en lui un maître qui fut un grand serviteur de l’Art.
[Le Pays Lorrain, mai 1952, p. 32, signé R. Cuénot]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GUINGOT (Louis-Henri-Joseph), sculpteur
Nancy, 21 juin 1897 - Épinal, 25 avril 1952
Élève de son père Louis Guingot (sa mère est Marie Julie Lambert), il participe avec lui pendant la 1° Guerre mondiale à ses travaux de camouflage militaire avant de trouver sa voie à l’École des Beaux-Arts de Nancy où il suit les cours de dessin, sculpture et architecture.
Il entreprend une impressionnante série de bustes, plaquettes, médaillons, bas-reliefs et statues. On lui doit le monument aux morts de Boismont (Meurthe-et-Moselle), le monument d’Armand Lederlin à Thaon, le tympan de l’église de Contrexéville, un bas-relief pour l’école de garçons de Vittel. Il est choisi pour exécuter le grand bas-relief de la façade du pavillon de Lorraine, à l’Exposition Internationale de Paris en 1937.
Il expose tous les ans au Salon d’automne, à la Société Nationale des Beaux-Arts, au Salon National indépendant. En 1938, il réalise le buste de Maurice Pottecher, en 1939 celui de Pierre Richard-Wilm.
Il devient après la 2° Guerre mondiale conservateur du musée d’Épinal.
Bibl. : Chevrier (F.), Martin (J.-J.).- Nos Vosges, p. 345.
[Pierre Heili]