1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GRAVIER (Nicolas François ), receveur de l’enregistrement, historien
Faucogney (Haute-Saône), 8 janvier 1772 - Remiremont, 28 septembre 1850

Nicolas François Gravier est issu d’une famille comtoise qui a donné à sa province nombre de gens de loi. Il est le fils de Jean François Gravier, procureur et notaire à Faucogney, et de Anne Françoise Sauvage.
Il arrive à Saint-Dié en qualité de receveur de l’enregistrement en 1815, sans que nous ayons connaissance de ses activités antérieures. Il reste douze ans à Saint-Dié et y rassemble les éléments de son histoire de la ville. En 1827, il est nommé à Remiremont, y prend sa retraite sur place en 1843 ou 1844, dans sa maison du hameau de Beaulieu.
Il s’intéresse aussi au reboisement et à l’agriculture et sera même en 1845 président du comice agricole de Remiremont.
Les antiquités gallo-romaines retiennent également son attention, notamment les découvertes faites à Saint-Dié-Marzelay par Simon, bibliothécaire, et le site de la Pierre d’Appel, au-dessus d’Étival, sur lequel il fait une communication inscrite dans les procès-verbaux des séances de la Société d’Émulation des Vosges. Il donne aussi à l’Académie des Sciences et Belles Lettres de Besançon, dont il est élu membre correspondant en 1843, un mémoire sur l’Oppidum d’Amagetobriga en Haute-Saône. Les mémoires de cette académie accueillent également sa notice sur Fougerolles et le Val d’Ajol en 1843.
Pour son histoire de Saint-Dié, il fait entrer à Saint-Dié en 1821 le chartrier de l’abbaye de Senones et celui des comtes de Salm qu’il joint à celui du chapitre de Saint-Dié. En 1826, il collabore avec le maire de Saint-Dié, Brevet, pour faire vendre 500 kg de parchemins et de papiers d’archives ; désormais, certains d’entre eux ne sont connus que par les mentions ou extraits figurant dans son histoire de Saint-Dié. Sa nomination à Remiremont en 1827 est peut- être la sanction de son zèle intempestif.
En 1836 paraît à Épinal son
Histoire de la ville épiscopale et de l’arrondissement de Saint-Dié, première histoire du val de Saint-Dié écrite par un laïc. Cette histoire, très anticléricale, n’a conservé quelque valeur qu’à cause des documents disparus dont il est fait état.
Il avait épousé une demoiselle Ringay dont il eut une fille (née en 1802) et un fils (né en 1806), qui deviendra receveur de l’enregistrement à Vagney.
Bibl. : Duvernoy (E.).-
Gravier historien de Saint-Dié, in
Les Cahiers lorrains, février 1926, p. 25-29.
Baumont (G.).-
L’histoire de Saint-Dié de Nicolas Gravier, in
Bulletin de la Société philomatique vosgienne, tome LXII, 1958, p. 44-51.