1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GOLL (Claire-Liliane Aischmann), épouse Studer, puis épouse Goll, écrivain
Nuremberg, 29 octobre 1890 - Paris, 30 mai 1977
Claire Goll est élevée très durement par une mère brutale et perverse dans sa famille à Munich où elle est élève de l’institution Kerschensteiner. En 1911, elle épouse Henri Studer, éditeur suisse, dont elle divorce en 1917. Une fille, Doralie, née de ce mariage, est élevée par son père.
Claire rencontre Yvan Goll à Lausanne en 1917 et part avec lui.
En 1917, elle donne le poème A mon enfant à la revue Demain de Genève. En 1918, elle publie Die Frauen erwachen à Frauenfeld et le poème Mitweet à Berlin. En 1919, ils arrivent à Paris, se marient en 1921. Entre temps, Claire Goll a été la maîtresse de Rilke.
A Paris, elle écrit dans des journaux et publie des romans en France et en Allemagne : Éducation Barbare (1924), Journal d’un cheval (1926), Der gläserne Garten (1919), Der Neger Jupiter raubt Europa (1926), Une perle (1929), Un crime en province (1932), et des poésies publiées avec celles de son mari dans Poèmes d’amour (1925), Poèmes de jalousie (1926), Poèmes de la vie et de la mort (1927).
En 1939, avec Yvan Goll, elle part aux États-Unis afin d’échapper à la menace allemande. Le couple s’installe à New York. Claire Goll fait du journalisme : elle tient une chronique de critique cinématographique dans des journaux de langues française et allemande. Elle publie Le Tombeau des amants inconnus (1940), My sentimental Zoo (1942) et plusieurs nouvelles.
De retour en France en 1947, avec Yvan Goll atteint de leucémie, elle obtient une carte de journaliste et donne des chroniques de mode à des revues allemandes. Le couple vit à l’hôtel du Palais d’Orsay. Après la mort d’Yvan en février 1950, Claire Goll repart aux États-Unis pour une tournée de conférences sur Yvan Goll, dont elle s’emploie à publier les livres restés inédits et à conserver sa mémoire. C’est à elle que l’on doit les éditions du Mythe de la Roche Percée illustré par Chagall, de Multiple Femme avec bois de Arp, de Bouquet de rêves pour Neila illustré par Miro. En 1957, elle s’installe dans un appartement 39 rue Vanneau. Elle donne des nouvelles dans les collections des Oeuvres libres, Festival du roman ou A la page.
Elle fait également paraître des romans très autobiographiques : Le Ciel volé (1958), Un amour au quartier latin (1959), Les Confessions d’un moineau du siècle (1963), Ballerine de la peur (1975), Le Cirque de la vie et ses souvenirs édités en 1976 sous le titre A la poursuite du vent.
Elle lègue par testament à la ville de Saint-Dié les manuscrits et livres en français, le mobilier et la plupart des oeuvres d’art de son appartement, les documents en allemand et anglais étant destinés au musée Schiller à Marbache (R.F.A). Elle est inhumée dans le même tombeau qu’Yvan Goll au cimetière du Père Lachaise à Paris.
Une école maternelle de Saint-Dié porte son nom.
Bibl. : Goll (Claire).- La Poursuite du vent, Paris : Orban, 1977.
Dictionnaire de biographie française, publié sous la dir. de M. Prévot, Roman d’Amat, H. Tribout de Morambert, Paris : Letouzey (lettres A-H parues de 1928 à 1989), tome XVI, col. 521.
Claire Goll.- Poètes d’aujourd’hui N° 167, Paris : Seghers, 1967.
[
Albert Ronsin
]