1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GÉRARDIN, prévôt ducal de Saint-Dié
...1312... - décédé entre 1330 et 1334
Gérardin est le fils de Connin (1300-1312) et le petit-fils de Gérardin (1276-1300) prévôts ducaux de Saint-Dié. Avant de devenir lui-même prévôt, il montre qu’il est un homme énergique. En août 1312, l’abbé d’Étival offre de verser une somme de 200 francs à Ferry IV, nouveau duc de Lorraine si Gérardin, fils de son prévôt, quitte Saint-Dié pour aller demeurer ailleurs. Cette proposition n’a pas de suite et Gérardin devient prévôt avant mars 1314.
Comme ses prédécesseurs, il est le représentant de l’autorité du souverain lorrain a Saint-Dié et dans la région environnante. Parmi ses autres attributions, il a l’exécution des condamnés à mort par les officiers du Chapitre. Des conflits de juridiction éclatent fréquemment. En 1321, Gérardin fait mettre à mort deux lépreux enfermés dans une maison appartenant aux chanoines. Il est aussitôt excommunié par ces derniers. Il obtient cependant son pardon en leur remettant deux mannequins de paille en octobre de la même année. En septembre 1322 il s’accorde avec Eules de Saint-Léonard, écuyer, à propos du remboursement d’une dette ancienne. Cinq ans plus tard, il accroît l’importance de son patrimoine foncier en achetant à l’abbé d’Étival une rente à percevoir sur les tailles de La Bourgonce. Il possède à cette époque plusieurs domaines situés près de Bertrimoutier.
Au début de 1330, il est fait prisonnier par Aubert de Laveline, chevalier. Il doit une somme d’argent à ce dernier et il s’est constitué plaige envers Henri de Ribeaupierre, sire de Honeck, ennemi dudit Aubert. Pour le faire libérer, l’armée de la duchesse de Lorraine ravage les terres de ce dernier, qui consent à libérer Gérardin le mercredi avant Pâques de la même année. A cette date, l’office de prévôt ducal est possédé par un autre personnage.
Gérardin meurt avant juillet 1334. Ses héritiers prétendent qu’il a confié une somme de 5000 livres à l’abbé d’Étival. Raoul, duc de Lorraine, nomme des arbitres pour que ce litige soit solutionné, car ce religieux déclare qu’il n’a rien reçu. Cette affaire ne se termine qu’en décembre 1343, quand la famille de l’ancien prévôt est condamnée aux dépens et à faire silence.
Gérardin a épousé Allarde de Remicourt, mentionnée avec lui en juin 1329. Agnès, leur fille, possède en 1344 des biens à Génifosse. Marguerite, leur autre fille, est la nièce d’Adeline, Sibille, Marguerite et Alete, religieuses Précheresses à Nancy et filles de Jean le Jaloux, de Port, bourgeois de Nancy et de Dame Maance. En 1336, elle leur vend une rente assignée sur une maison située rue de la Poterne à Nancy.
Bibl. : Poull (G.).- Catalogue manuscrit des actes des prévôts ducaux de Saint-Dié.
[Georges Poull]