1967 —
Le Pays lorrain
Marc Georgel.- Le 28 janvier, Gérardmer apprit avec consternation le décès de Marc Georgel, proviseur du lycée climatique.
Né en 1912 et issu d’une humble famille d’artisans, il aura été toute sa vie un exemple de travail et de modestie. Il avait commencé comme ouvrier à la papeterie d’Etival-Clairefontaine ; le soir, il aidait son père aux travaux de menuisier. C’est la nuit qu’il parcourait des livres et entreprit ses études.
En 1938, il devenait instituteur près de Saverne, puis après avoir été réfugié à Toulouse, il fut nommé en 1942 professeur à l’Ecole supérieure de Gérardmer. Avec son directeur, M. Emile Marande, il vécut là toutes les horreurs de la destruction de 1944 ; mais dès avril 1945, il faisait reprendre les cours dans des baraquements provisoires.
Nommé principal du collège, il arriva à faire édifier le lycée climatique de Gérardmer.
Devenu docteur ès lettres, il poursuivait des études d’histoire et de toponymie, qui l’amenèrent à composer de nombreux ouvrages ; signalons en particulier :
- Gérardmer, son histoire jusqu’à 1766, (1955),
- Les Lieux-dits du canton de Gérardmer, (1956),
- Les Appellatifs dans les cadastres de l’arrondissement de Saint-Dié, (1958),
- La Vie rurale et le folklore dans le canton de Gérardmer, (1959),
- L’Abbaye d’Etival, (1962).
Dernièrement encore, il publiait une étude toponymique de la région de Remiremont (1966).
[Le Pays Lorrain, 1967, N° 2, p. 69-70]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
GEORGEL (Marc), enseignant et historien
Étival, 24 mai 1912 - Gérardmer, 28 janvier 1967
Fils de Joseph-Alphonse Georgel et de Eugénie Leroy, il entame des études secondaires au collège de Saint-Dié, vite interrompues par la nécessité de gagner sa vie. Tout en travaillant aux papeteries d’Étival-Clairefontaine, il passe son baccalauréat, devient instituteur puis professeur à l’école supérieure de Gérardmer. En partie sur son initiative, cet établissement scolaire se transforme en 1956 en lycée climatique. Il en devient le premier proviseur.
Menant de front des études universitaires, il soutient avec succès, en 1958, une thèse de doctorat ès lettres consacrée à La Vie rurale et le folklore dans le canton de Gérardmer d’après les noms de lieux-dits. On lui doit également une brochure sur l’Histoire de Gérardmer jusqu’à 1766, L’Abbaye d’Étival, ordre de prémontré du XII° au XVIII° siècle (1962), et une notice sur l’École primaire supérieure de Gérardmer (1960).
Spécialiste de toponymie, il étudie les Appellatifs dans les cadastres de l’arrondissement de Saint-Dié, thèse complémentaire, publiée en 1959 qui lui vaut le prix Prost de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Il récidive avec Les Noms de lieux-dits de l’arrondissement de Remiremont (1966). Par sa mort prématurée, il laisse inachevée une étude sur les noms de lieux-dits évoquant les moulins en France.
[Pierre Heili]