1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
DORÉ (Gustave Paul Ernest) , compositeur de musique
Épinal, 12 juin 1830 - Paris, 11 mars 1884
Petit fils d’un officier tué à Waterloo, fils d’un ingénieur des Ponts et Chaussées, Ernest Doré est le frère aîné de Gustave Doré, peintre et illustrateur célèbre (né en 1832), et d’Émile, officier général né en 1834. Son père, Pierre Louis Christophe Doré, jeune ingénieur des Ponts et Chaussées, épouse en septembre 1829, à Schirmeck, Alexandrine P1uchart, l’année même où il est muté de Mirecourt à Épinal. Ernest naît l’année suivante.
Sa jeunesse est partagée entre Strasbourg de 1832 à 1843 et Bourg-en-Bresse de 1843 à 1849. Il est destiné à l’école polytechnique, mais la mort de son père en 1849 à Bourg-en-Bresse et l’installation de la mère et de ses fils à Paris en décident autrement.
Ernest souhaite se consacrer à la musique. Bon pianiste, il compose aussi des valses et des polkas éditées en 1849, avec des couvertures illustrées par son frère, chez Leduc, Paccini et Heugel, signe incontestable de la qualité des oeuvres. Il acquiert vite, dans le monde musical, la notoriété d’Offenbach, Ney, Hervé ou Musard. Sa Messe solennelle est exécutée à Notre-Dame-de-Lorette le 23 mars 1856 pour la naissance du prince impérial. Le salon des deux frères, Gustave et Ernest, est le point de rencontre chaque dimanche de tout le gotha de la musique : compositeurs, cantatrices, chansonniers, ténors. En 1856, il édite sa Ballade du juif errant d’après Béranger, rééditée à Londres l’année suivante. Victor Hugo lui donne l’autorisation d’illustrer musicalement Les Contemplations en disant : sa musique vaut la peinture de son frère. Le catalogue des oeuvres d’Ernest est important : il comporte de la musique vocale composée à partir des textes de Victor Hugo, Lamartine, Émile Augier, Béranger..., de la musique religieuse et surtout de la musique instrumentale légère : polka, quadrille, valse, galop, bien dans l’esprit du Second Empire.
Sa mère disparaît le 15 mars 1881, Gustave, le frère tant aimé, le 23 janvier 1883, tous atteints de maladies cardiaques. Seul Émile, l’officier d’artillerie commandeur de la Légion d’honneur, atteindra l’âge de 69 ans. Ernest avait épousé en 1852 Angelina de La Balme dont il eut deux filles, Madeleine et Marguerite.
Bibl. : Marchand (Léon).- Un spinalien compositeur en vogue sous le Second Empire : Ernest Doré (1830-1884), frère aîné de Gustave Doré dans : La Liberté de l’Est, 1er avril 1987.
[Albert Ronsin].