1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
DESLON (Charles-Georges-Calixte) dit de Moméril, officier
Ramonchamp, 14 octobre 1747 - Remiremont, 26 mai 1819
Frère [de Charles Nicolas DESLON et de Jean-Claude DESLON], il s’engage en 1765 comme simple soldat dans la légion du marquis de Conflans ; il met 8 ans pour accéder au grade de sous-lieutenant. En 1778, il est promu capitaine aux volontaires de Nassau avant d’entrer, l’année suivante, au corps des Volontaires étrangers de la marine. Il réside alors en Bretagne et participe à l’expédition contre l’île de Jersey puis à celle d’Amérique sur les frégates Provence et Aigle. De retour en France, en 1783, il devient capitaine-commandant au régiment des Hussards de Lauzun ; il change alors son nom en d’Eslon de Moméril. Chef d’escadron en 1789, il connaît les garnisons de Metz, Verdun, Nantes et Toul et adhère la même année à la loge maçonnique l’Amitié universelle. En août 1790, il participe à la répression de la révolte de la garnison de Nancy sous les ordres du marquis de Bouillé.
La carrière de Deslon n’eut rien d’exceptionnel mis à part le rôle, qui aurait pu se révéler décisif, qu’il joua dans l’affaire de Varennes.
Le 22 juin 1791, lendemain de la fuite du Roi, il est envoyé à la tête de 60 Hussards pour libérer Louis XVI retenu dans la maison de Sauce. Deslon arrive vers 6 heures du matin auprès du souverain dont il n’a aucun mal à s’approcher. Méfiant et hésitant, espérant la venue du marquis de Bouillé lui-même, Louis XVI refuse de le suivre. Le capitaine vosgien repart alors sans avoir pu accomplir sa mission. Certains historiens pensent que Deslon perdit le roi en ne faisant pas preuve suffisamment d’esprit d’initiative. Était-ce à lui d’en manifester ? Ne s’est-il pas contenté d’obéir aux ordres du roi qui ne voulait pas que du sang soit versé ?
Après cet échec, Deslon émigre en Allemagne et sert dans l’armée de Condé avec le grade de major de cavalerie. Il prend part aux combats du Nord de l’Alsace (1793) et de Oberkammbach en Bavière contre Moreau (13 août 1796) où il est blessé. Sa carrière militaire s’achève avec le licenciement de l’armée de Condé en 1801. Rayé de la liste des émigrés en 1802, il rentre en France et obtient la place de receveur municipal de la ville de Thann. Maréchal de camp à titre honoraire le 23 août 1814 au retour des Bourbons, son âge l’empêche de reprendre du service. Il quitte Thann en 1815, s’installe à Remiremont où il est nommé, le 13 août 1817, maire de la ville et meurt dans ses fonctions.
Bibl. : Vincienne (Olivier).- Le chef d’escadron Deslon (1747-1819) , in Le Pays lorrain, 1980, n° 4.
Bossu (Jean).- Quelques Francs-maçons vosgiens d’autrefois, in Annales de la Société d’Émulation des Vosges, 1959, p. 7-59.
[Pierre Heili].