Joseph Augustin CRASSOUS de MEDEUIL

[ La Rochelle (16) , 20/06/ 1755 – Épinal (88) , 26/10/ 1829 ]

avocat , conventionnel

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

CRASSOUS de MEDEUIL (Joseph Augustin), avocat, conventionnel
(La Rochelle (Charente-Maritime), 20 juin 1755 - Épinal, 26 octobre 1829)

Joseph Crassous est le fils de Joseph Crassous, notaire à La Rochelle. Il est reçu avocat à Paris où il a fait ses études de droit. Il est de retour à La Rochelle en 1779 lorsqu’il y acquiert des charges de procureur au bureau des finances et au siège présidial.

En 1784, il est avocat au conseil souverain de la Martinique. Favorable aux idées révolutionnaires, il prend la tête de l’insurrection dans l’île, est arrêté et envoyé en France pour être jugé. Amnistié, il revient à La Rochelle en 1792 et y est élu commissaire près le tribunal du district. Le 28 octobre 1792, c’est néanmoins la Martinique qui l’élit à la Convention. Il entre à l’Assemblée le 8 octobre 1793, donc après l’exécution de Louis XVI, mais il siège avec les Montagnards, y développant les idées du club des Jacobins, qu’il préside en octobre et novembre 1794, au retour de sa mission en Seine-et-Oise en 1794 où il a mis en place les administrations départementales avec autoritarisme.

A la Convention, il propose d’élever à Ermenonville un monument en l’honneur de J.-J. Rousseau et il invite les Jacobins à assister à la translation des cendres du grand homme au Panthéon.

Après la chute de Robespierre, Joseph Crassous demande la mise en liberté des patriotes incarcérés depuis le 9 Thermidor, s’oppose au décret de déportation de Barère. Il est lui-même l’objet de poursuites et est incarcéré au Mont Saint-Michel le 6 avril 1795. Il est libéré le 27 octobre 1795, suite à l’amnistie décrétée le 4 brumaire an IV.

Nommé juge au tribunal civil du département de la Dyle (Belgique) en 1798, puis révoqué, il s’établit avocat à Bruxelles où, en 1806, il préside la loge maçonnique des Amis philanthropes. Il quitte Bruxelles en 1824 et vient s’établir chez son gendre à Épinal. Il devient rapidement vénérable de la loge de la Parfaite Union. Il entre à la Société d’Émulation des Vosges dès sa création comme beaucoup de francs-maçons et, en 1829, il en est le président qui, dans une assemblée générale, fait un discours en faveur de la Révolution qui provoque la colère du préfet et un rapport au ministère de l’Intérieur.

Crassous meurt peu après.


Bibl. : D.B.F., tome IX, col. 1174-1175.
Robert.- Dictionnaire des parlementaires, tome III, p. 214.
Bossu.- Les Origines de la franc-maçonnerie dans les Vosges, fascicule 2, p. 25-26-30.


[Albert Ronsin].

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