1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
CLÉMENT (Marcel), industriel et homme de presse
Cornimont, 14 janvier 1903 - Cornimont, 4 mars 1985

Marcel Clément effectue ses études secondaires au lycée de Luxeuil-les-Bains. Il obtient son diplôme d’ingénieur textile après avoir suivi les cours de l’École supérieure de filature et de tissage d’Épinal. En 1925, il devient sous-directeur de tissage à la Chartre-sur-le-Loir.
Quand il revient dans les Vosges quatre ans plus tard, il prend la direction des Établissements Nicolas-Caimant de Xoulces, section de Comimont. Il administre ce tissage, gravement endommagé durant l’automne de 1944 lors des combats qui marquent la Libération, jusqu’en 1961. A cette époque, avec Serge Clément son fils, il décide de le reconvertir. En quelques mois, cette unité de production devient une usine spécialisée dans la transformation des matières plastiques et l’enduction des tissus. Un atelier de confection est créé à proximité. Cet ensemble disparaît en 1978.
Pendant ce temps, Marcel Clément devient un homme de presse. En 1966, il prend la direction du quotidien
La Liberté de l’Est à la suite du décès de Gaston Châtelain, mort en mai de cette année. Il devient bientôt P.D.G. de la société qui gère ce journal, dont l’imprimerie modernisée est transférée dans la zone industrielle de Golbey quelques années plus tard.
Sur le plan militaire, Marcel Clément devient sous-lieutenant de réserve dans l’Armée de l’air en 1922, lieutenant en 1927 et capitaine en 1940. Mobilisé dans cette arme en septembre 1939, il se distingue au cours de ce mois en abattant au dessus de Bitche l’un des trois avions Messerschmitt qui viennent d’attaquer son Mureaux. Il est le premier aviateur français à accomplir un exploit de ce genre durant le Second conflit mondial.
Quand la résistance s’organise dans les Vosges, il devient chef adjoint du 4ème groupement F.F.I. qui s’illustre notamment à la Piquante-Pierre et dans les Hautes Vosges, notamment en septembre 1944. En raison de sa conduite, il reçoit la croix de guerre 1939-45 avec palmes, la médaille de la Résistance, la croix du Combattant volontaire de la Résistance, la croix des services militaires volontaires, la rosette d’officier des Palmes académiques et la croix de chevalier de l’ordre de la Santé Publique. Il est fait aussi Commandeur dans l’ordre de la légion d’honneur et dans l’ordre national du Mérite. Quand il disparaît, il est inhumé dans le cimetière de Cornimont en présence d’un ministre et d’un grand nombre de personnalités régionales.
Bibl. : La Liberté de l’Est du dimanche 3 mars 1985.
Poull (G.).-
L’Industrie textile vosgienne, 1982 et 1983, p. 255.
[Georges Poull].