Henri Édouard CLAUDEL

[ Saulxures-sur-Moselotte (88), 13/01/1871 – Nice (06), 20/02/1956 ]

général

Biographie vosgienne

1956 — La Liberté de l’Est

Hommage au Général Henri Claudel,
enfant de Saulxures



Nous avons signalé le décès survenu le 20 février dernier, à Nice, du général d’armée Henri Claudel.

Cet officier supérieur était né aux Graviers [commune de Saulxures-sur-Moselotte], le 13 janvier 1871. Son père était employé de bureau.

Voici le résumé de la brillante carrière de cet enfant de Saulxures qui fait honneur à sa petite patrie.

Formé aux disciplines de Saint-Cyr, de l’Ecole de Guerre et des Hautes Etudes, il avait participé, en Mauritanie et au Maroc, aux combats de la pacification. La grande guerre allait lui donner l’occasion d’épanouir sa personnalité militaire et de mettre en application son expérience déjà riche, son vaste savoir et ses qualités de lucidité, de fermeté et de finesse.

Il combat à la tête du 33e R.I., puis de la 65e Brigade, tant en Champagne qu’à Verdun et en Artois.

Nommé successivement chef d’Etat Major de la région fortifiée de Verdun, puis du groupe d’Armées de l’Est, il est appelé au G.Q.G. comme premier aide-major général. Il y laisse le souvenir de son autorité bienveillante et de son esprit lucide. Les reportages et les livres de ces temps et, notamment, le G.Q.G. secteur 1 de Jean de Pierrefeu en font foi.

En 1918, placé à la tête du 17e C.A., avec l’aide des divisions américaines, il réussit à refouler l’ennemi sur la rive droite de la Meuse. Mais c’est à la tête du 2ème Corps colonial qu’il franchira le Rhin et entrera à Mayence.

Au lendemain de l’armistice, il est envoyé en Orient pour y prendre le commandement d’un groupe de divisions en Bessarabie, puis de l’Armée d’Orient, chargée de lauriers de sa récente victoire.

A son retour, il commande les troupes de l’A.O.F., puis le Corps d’armée colonial.

En 1925, il succède au général Mangin comme Inspecteur général des troupes coloniales et est Président du Comité consultatif de défenses des Colonies.

Il était Grand Croix de la Légion d’Honneur et décoré de la Médaille Militaire.

En 1932, il représente la France au sein de la Commission Lytton, envoyée par la Société des Nations en Extrême-Orient pour enquêter sur le conflit sino-japonais.

Les troupes coloniales garderont fidèlement le souvenir de ce chef de guerre, empreint de tant de noblesse qui vécut dans l’amitié de Montaigne et de Pascal, mais aussi dans celle de René Caillé, dont il soulignait volontiers telle expression naïve et juste de la relation de son Voyage à Tombouctou.

Le général Henri Claudel fut pour les Coloniaux un guide écouté, souriant et sûr, et cet enfant de Saulxures, d’origine modeste, a fait honneur à sa petite patrie qu’il aima toujours.


[Anonyme, La Liberté de l’Est, rubrique Saulxures-sur-Moselotte, 14 mai 1956]

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

CLAUDEL (Henri Édouard), général
(Saulxures-sur-Moselotte, 13 janvier 1871 - Nice, 20 février 1956)

Sorti de Saint-Cyr en 1893 dans l’infanterie de marine, il sert d’abord en Afrique occidentale. Après son passage à l’École de Guerre (1902-1904), il part en 1908 pour la Mauritanie, puis pour le Maroc, où il ouvre la voie à la pénétration française en pays zaïan (1912).

Chef d’État-major du groupe d’armée de l’Est en 1915, puis aide-major général de Joffre en 1916, il termine la campagne à la tête du 2e Corps d’Armée colonial. Commandant de l’armée française d’Orient en 1919-1920, il succède à Mangin comme inspecteur général des troupes coloniales (1925-1936).


Bibl. : Grand Larousse Encyclopédique en 10 volumes, 1960.


[Pierre Heili].

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