1969 —
Le Pays lorrain
François Blaudez est décédé à Epinal le 3 mars des suites d’une longue maladie, dans sa 76e année.
C’était le Spinalien type, le Pinaudré exemplaire, qui a consacré toute sa vie à sa ville. Au collège, il avait été condisciple de René Perrout. Très jeune, il se lança dans le journalisme et travailla au Télégramme des Vosges et à L’Express de l’Est, dont il fut le rédacteur en chef en 1933.
C’était un polémiste pittoresque et acide, mais il était aussi un poète et l’auteur de nombreux fiauves.
Il avait fait la guerre 1914-18 dans l’artillerie, il fut gazé et la Légion d’honneur lui fut décernée en 1932.
Le poste de bibliothécaire municipal lui échut : il s’y montra d’une grande activité, et rajeunit ces rayons couverts de livres anciens. En même temps, il devint un membre éminent de la Société d’Emulation des Vosges.
Enfin, en 1953, il prit la direction du Festival des Images.
Il était un grand travailleur, un philosophe caustique et il sut donner vie à tout ce qu’il touchait pour l’amour de sa petite patrie.
[Le Pays Lorrain, 1969, N° 2, p. 58]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BLAUDEZ (François), journaliste et bibliothécaire
(Épinal, 5 mai 1893 - Épinal, 3 mars 1969)
François Blaudez est un pur Spinalien. Il effectue ses études primaires et secondaires dans sa ville natale. A cette époque, il se lie d’amitié avec ses camarades de lycée et notamment avec Jean Lurçat, qui deviendra le rénovateur de la tapisserie française. Durant la guerre de 1914-1918, il est officier d’artillerie. Atteint dans sa chair, il gagne la croix de guerre et la Légion d’honneur.
De retour à Épinal, il entre au Télégramme des Vosges dirigé par Maurice Petit. Il suit ce dernier lors de la fondation de L’Express de l’Est. Rédacteur en chef de ce quotidien, il illustre la presse d’opinion au fil de ses chroniques, mais ses coups de plume ne lui interdisent aucune amitié confraternelle. En 1929, il fonde avec Henri Maire l’amicale de la presse vosgienne.
Il quitte le journalisme en 1933 pour prendre la direction de la bibliothèque municipale d’Épinal. Dès lors, il s’efforce de tirer celle-ci de la poussière en l’ouvrant largement à la lecture populaire, en agrandissant les départements et en rajeunissant les collections. Ce travail lui laisse cependant le temps de militer au sein des Amis du musée d’Épinal, de la Société d’Émulation des Vosges, de la Société des fêtes et des Matinées enfantines.
Peintre aquarelliste de talent, il fonde l’Académie des arts plastiques. Ami de Maurice Pottecher, fondateur du Théâtre du Peuple de Bussang, il crée avec lui La Ruche. Durant cinquante ans, aux côtés de Pierre Richard-Wilm, il est la fidèle abeille qui peint les décors, s’occupe des costumes et plus tard perpétue l’esprit du Padre et de Tante Cam ; il est le travailleur obscur, l’animateur irremplaçable.
Son heure de gloire arrive en juillet 1953, lorsqu’il réalise et organise les fêtes du Millénaire de la cité d’Épinal. Une reconstitution historique et une exposition d’art sacré sont les points forts de cette manifestation. Encouragé par son succès, il récidive durant quatre ans et devient en quelque sorte le général en chef du Festival des Images.
Pendant ce temps, en collaboration avec André Jacquemin et Jean Mistler, il publie un important ouvrage consacré à l’imagerie populaire. En juin 1957, il enlève à Paris la finale du Million Cash offert par un poste périphérique. Grâce à ses vastes connaissances en histoire, Épinal est reconnue Première ville artistique de France. Tous ses concitoyens estiment qu’il est devenu l’ambassadeur de cette cité. Lui-même déclare souvent qu’il est un de ses bourgeois, au sens médiéval du terme.
En juin 1962, il fait revivre devant les caméras de la télévision ses innombrables souvenirs spinaliens. A cette occasion, il se montre un admirable chantre de sa petite patrie, un romantique qui vibre intensément, le dernier Barde des Vosges, ajouteront ses amis. Ces derniers remplissent la basilique Saint-Maurice d’Épinal, quand ses obsèques sont célébrées le 6 mars 1969.
Bibl. : Journal La Liberté de l’Est des 11 juin 1959, 26 avril 1962, 4 et 7 mars 1969.
Journal L’Est Républicain des 4 et 7 mars 1969.
Souvenirs personnels.
Pays Lorrain, 1969, N° 2, p. 58.
Bossu (J.).- Chroniques des rues d’Épinal, tome III, p 4-6.
[Georges Poull].