Émile Arsène BLANCHET

[ Le Havre (76) , 21/09/ 1886 – Le Havre (76) , 01/04/ 1967 ]

ecclésiastique

Évêque de Saint-Dié (1940-1946). Chevalier de la Légion d’Honneur.

Biographie vosgienne

1990 — Dictionnaire des Vosgiens célèbres

BLANCHET (Émile-Arsène), évêque de Saint-Dié de 1940 à 1946
(Le Havre (76), 21 septembre 1886 - Le Havre, 1er avril 1967)

Mgr Blanchet. Le père d’Émile Blanchet est organiste au Havre lorsque naît ce fils qui est d’abord confié aux frères des écoles de Saint-Michel pour ses études primaires, puis inscrit à l’Institution Saint-Joseph pour celles du second degré, de 1898 à 1903. Il entre alors au séminaire de Rouen pour trois ans.

En 1906, il revient à Saint-Joseph pour enseigner l’histoire et préparer en même temps une licence de lettres mais, atteint de tuberculose, il est envoyé dans un sanatorium à Davos (Suisse) où il séjourne jusqu’en 1910.

De retour comme professeur à son Institution Saint-Joseph, il y enseigne de 1910 à 1940. Il est ordonné prêtre le 29 Juin 1911. En 1914, classé service auxiliaire, il est, après quelques stages, infirmier militaire dans son établissement devenu hôpital militaire. Il passe une licence de philosophie à Caen en 1922, est nommé directeur des études en 1922, puis supérieur de son institution en 1930.

Le 7 octobre 1940, il est nommé évêque de Saint-Dié, mais ne réussit à rejoindre les Vosges que le 24 janvier 1941. Les problèmes qui se posent à lui sont l’absence de jeunes prêtres requis par le service obligatoire et la baisse des vocations. L’équipe des Oeuvres, chargée d’aider les mouvements d’action catholique et d’action charitable, est renouvelée et renforcée. Des réunions régulières des associations relevant de l’enseignement libre sont animées par un comité diocésain dès 1942.

Son attitude courageuse face à l’occupant allemand fait l’admiration de la population. A Saint-Dié, il est aux côtés du maire et du sous-préfet dans leurs interventions pour éviter l’incendie de la ville. Ses neuf allocutions, de septembre à décembre, ont réconforté les Déodatiens.

Nommé évêque titulaire de Lers, et recteur de l’Institut catholique de Paris, il accepte, par obéissance, sa nomination le 26 juin 1946, mais l’année suivante, encore administrateur de son diocèse de Saint-Dié, il assiste à Rome à la béatification de Alix Le Clerc. Il est encore dans les Vosges, à Mattaincourt, le 4 juillet 1965 pour prononcer le panégyrique de saint Pierre Fourier pour la célébration du 4ème centenaire de sa naissance.

A Paris, son activité est débordante. Durant ses 20 années de rectorat, le nombre des étudiants et des enseignants est multiplié par trois, celui des écoles et des annexes par cinq.

En 1960, il est fait archevêque de Philippopolis. Il participe en 1962 au Concile Vatican II. Il est l’un des six membres de la commission épiscopale de l’enseignement et le président de l’Alliance et de l’Union des maisons d’éducation chrétienne. Il termine l’année scolaire 1965-1966 et se retire à la maison des prêtres âgés.

Il entre à l’infirmerie Marie-Thérèse de Paris le 5 janvier 1967. Le 15 mars, il est ramené au Havre où il décède le 1er avril. Il était décoré de la médaille de la Reconnaissance française, chevalier de la Légion d’honneur depuis janvier 1950 et officier le 23 juin 1960, commandeur de l’ordre de Léopold II.


Bibl. : La Vie diocésaine de Saint-Dié, 1967, p. 108-114.
Molette (Ch.).- Monseigneur Émile Blanchet, Le Havre, 1977.
Lévêque (L.).- Petite histoire religieuse des Vosges, p. 140-145.


[Albert Ronsin].

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