1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BÉNITTE (André C.), médecin militaire
(La Neuveville-les-Raon, 2 juin 1905 - Sceaux (Val de Marne), 19 septembre 1979)
Son père, instituteur issu d’une famille de cultivateurs, de charpentiers et d’estimateurs de bois, établie à La Petite-Raon depuis le XVIe siècle, est bientôt nommé à Allarmont. C’est là que André Bénitte passe toute son enfance, marquée par l’occupation allemande du village de 1914 a 1918.
Après 1918, il est élève au collège de Saint-Dié, puis à la faculté de médecine de Nancy. Il choisit alors la médecine militaire et passe sa thèse à Lyon en 1933 (Contribution à l’étude de l’état humoral dans les cellulites). Il est nommé en 1935 médecin-lieutenant à l’hôpital militaire de Bourbonne-les-Bains, région à laquelle il s’attache.
En 1937, il est en garnison à Strasbourg et il travaille à l’institut de biologie générale. La guerre et la captivité suspendent ses travaux en vue de la soutenance d’une thèse de docteur es-sciences à Strasbourg, préparée sous la direction d’Etienne Wolf, alors qu’il a déjà la licence es-sciences et qu’il est diplômé d hygiène et de microbiologie.
En juillet 1941, il travaille au bureau central de recherches du Ravitaillement général, et en 1946 il est affecté comme médecin chef de l’école interarmes d’Achern en zone d’occupation française en Allemagne, puis en 1948 au Val de Grâce à Paris, au laboratoire de recherches physiologiques dont il devient directeur en 1958.
Conjointement à ses travaux scientifiques, il assure à nouveau, de 1951 à 1963, la direction de l’hôpital militaire de Bourbonne durant la saison thermale. Cette double activité est concrétisée par ses publications (108 recensées) portant sur deux disciplines : le thermalisme d’une part ; l’hibernation artificielle, le mal des transports, la survie de l’individu aux températures extrêmes et surtout les troubles biologiques dus à l’inversion du rythme nycthéméral qui lui ont valu une réputation internationale, d’autre part.
Membre de diverses sociétés médicales et scientifiques, il a été secrétaire général de la société de médecine militaire française depuis juin 1955 et membre du Comité national français de recherches antarctiques en 1959. Lauréat de nombreuses sociétés médicales et académies, il fut également distingué par de nombreuses décorations : Légion d’honneur, Palmes académiques, Service de santé, Éducation physique, Mérite civique, Mérite agricole, Personnels militaires et civils (2 médailles d’argent), Académie de médecine (Commission des eaux minérales : 3 médailles).
Le médecin général Bénitte est admis à la retraite en 1963. Il collabore alors à des revues médicales et aux travaux de son épouse, petite-fille du général Gérôme, historienne de la chanson française et de la musique, productrice d’émissions radio et télévisées, connue sous son pseudonyme de France Vernillat.
Enfin, André Bénitte, durant ses études à Nancy, milite dans le Comité Nancy-Paris qui tente un éveil culturel d’une ville de province et publie des recueils de poèmes.
Bibl. : Rouot (Dr. H.).- Éloge funèbre du docteur André Bénitte (1905-1979), in Presse thermale et climatique, 1980, tome 117, N° 2, p. 80- 81.
Notes de Mme André Bénitte.
[Albert Ronsin].