1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BÉGIN (Léon), rédemptoriste
(Liffol-le-Grand, 29 octobre 1878 - Varsovie, 3 février 1961)
Léon Bégin se destine très jeune à l’Église. Il effectue ses études de théologie en France, puis en Belgique, suite à l’expulsion des religieux en 1904. Quand il est ordonné prêtre, il choisit les missions étrangères et il est prêté par son Ordre à la Pologne.
Installé à Varsovie, il se dévoue bientôt sans compter. Il est ensuite nommé aumônier d’un hôpital, puis il crée des centres d’accueil pour les déshérités, des postes de secours et des cuisines populaires. On lui donne dès lors le surnom d’apôtre de la banlieue de Varsovie. De son côté, l’Académie française lui décerne un de ses prix de vertu.
Quand les Allemands envahissent la Pologne en 1939, il se trouve toujours à Varsovie. Quand la bataille fait rage dans cette capitale, il participe activement à la résistance. Il est condamné deux fois à être pendu et une fois à être fusillé. Il échappe miraculeusement à ces dangers, avant d être expulsé par les Allemands en 1940. Il regagne difficilement la France à cette époque.
Comme il parle couramment le polonais, le russe et sept idiomes slaves, il est nommé aumônier des centres d’accueil slaves de France. Quand la Pologne est libérée en 1945, il retourne immédiatement dans ce pays, après avoir refusé de se rendre au Chili. Il ne peut cependant y séjourner définitivement qu’en 1947. Son couvent est anéanti et tous les Pères qu’il avait connus autrefois ont été fusillés après son départ. Il est décoré par le gouvernement polonais. On lui attribue la médaille du Mérite, qui constitue la plus haute distinction sociale de Pologne.
Il a passé près de 55 ans de son existence parmi les pauvres d’Europe centrale, lorsqu’il s’éteint. Il est inhumé dans l’un des cimetières de Varsovie le 7 février suivant.
Bibl. : Journal La Liberté de l’Est du 20 février 1961.
[Georges Poull].