1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BAYARD (François Ignace), en religion Père Arsène de Sainte-Croix, ermite
(Épinal, 25 janvier 1689 - Archettes, 24 janvier 1763)
Après de brillantes études au collège d’Épinal chez les Jésuites, il entre au séminaire de Toul où il est tonsuré le 13 avril 1711. Attiré par la vie érémitique, il arrive à l’ermitage de Montfort près de Magnières (Meurthe-et-Moselle) en 1712. Après six mois de noviciat, il prend l’habit des ermites de la Congrégation Saint-Jean-Baptiste le 1er mai 1713.
Dès le 4 décembre 1714, il est nommé secrétaire de la Congrégation et réside à l’ermitage de Langley, puis à celui de Charmotte. En 1717, on le retrouve à Montfort où il se consacre à des travaux de reliure. En conflit avec le clergé séculier local, il s’installe à l’ermitage d’Archettes dont il devient le supérieur en 1719. Il en fait décorer la chapelle et agrandir les bâtiments. En 1721, il est nommé visiteur de la Congrégation qui compte alors une bonne vingtaine d’ermitages dans le diocèse de Toul. Il le restera jusqu’à sa mort mises à part deux interruptions de 1722 à 1724 et de 1734 à 1740.
Il reprend ses études de théologie et est ordonné prêtre le 6 avril 1726. En 1728, constatant la crise des vocations que connaît sa congrégation, il obtient l’autorisation d’ouvrir un noviciat à Archettes et lutte sans faiblir contre le relâchement de la vie des ermites. Le 31 mai 1754, l’ermitage d’Archettes est anéanti par un incendie. Un moment abattu par ce sinistre, le père Arsène se retire à Montfort, puis chez son ami M. Demontzey, curé de Docelles, d’où il surveille la reconstruction de l’ermitage d’Archettes, lequel peut, dès 1756, accueillir l’assemblée générale de la Congrégation.
Désirant redorer le blason des ermites de Saint-Jean-Baptiste, il obtient en 1760 du roi Stanislas et de la Cour souveraine de Lorraine, des statuts et règlements qui n’empêchèrent point la décadence finale, après la mort du père Arsène, et le rattachement à la Congrégation des ermites de Saint-Antoine demeurée plus florissante.
De tous les ermites vosgiens du XVIIIe siècle, le père Arsène de Sainte-Croix fut sans doute le plus marquant par sa volonté de redonner vigueur à son ordre. Sa culture, son goût des arts, des lettres et des travaux manuels en font un véritable humaniste.
Bibl. : Sarrassat (A.).- L’Ermitage de Montfort, 1984, p. 43-47.
[Pierre Heili].