1958 —
Le Pays lorrain
F. Baldensperger.- Fernand Baldensperger est mort le 24 février à Paris à l’âge de 86 ans.
Né à Saint-Dié, il y fit ses études qu’il acheva à Paris. Agrégé à 21 ans, il entra immédiatement dans l’enseignement supérieur. Il fut successivement professeur à la faculté des Lettres de Nancy (1894-1900), Lyon (1900-1910), Paris (1910-1935) et fit des cours à Strasbourg (1919-1923).
Il alla ensuite à Harvard aux Etats-Unis (1935-1940), puis à Los Angeles à l’université de Californie (1940-1944).
Il revint ensuite à Paris pour diriger l’Institut de littérature comparée, sa spécialité ; il avait d’ailleurs fondé la Revue de Littérature comparée avec Paul Hazard en 1921.
Ses principales oeuvres sont :
- Goethe en France,
- Le Mouvement des idées dans l’émigration française,
- Orientation étrangère chez Honoré de Balzac,
- Etudes d’histoire littéraire,
- Bibliographie de la littérature comparée,
sans compter ses poésies signées Fernand Baldenne.
Le défunt était officier de la Légion d’honneur et membre de l’Académie des Sciences morales et politiques.
[Le Pays Lorrain, 1958, N° 2, p. 65]
1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
BALDENSPERGER (Fernand), professeur d’université
(Saint-Dié, 4 mai 1871 - Suresnes, 24 février 1958)
Né d’un père fabricant de tissus dont la famille était venue de Suisse en Alsace au XVIIIe siècle, Fernand Baldensperger fait ses études à l’école primaire puis au collège de Saint-Dié avant de poursuivre au lycée Louis-Le-Grand à Paris, puis à l’Université de Nancy.
Agrégé à 21 ans, il effectue son service militaire au 26ème Régiment d’infanterie à Nancy, puis exerce à la Faculté des Lettres de Nancy de 1894 à 1900. Il est ensuite professeur à la Faculté des Lettres de Lyon jusqu’en 1910, année où il est invité à donner à la Sorbonne le premier enseignement de littérature moderne comparée. De 1914 à 1916, il est mobilisé et obtient la croix de guerre. Il est ensuite chargé de mission en Scandinavie (1916), puis mis à la disposition de l’université Columbia de New York de 1917 à 1919. De 1919 à 1922, il obtient de la Sorbonne son détachement à Strasbourg où, avec quelques collègues et amis aux racines alsaciennes, il participe à la restauration de l’Université française dans l’Alsace libérée.
De retour à Paris, il y reprend l’enseignement de la littérature comparée avec un public important d’étudiants étrangers. Chaque année, il consacre une partie de son temps à des cours et conférences sur ce sujet en Amérique et en Extrême-Orient.
En 1935, il accepte d’aller enseigner à l’université de Harvard à Boston. En 1940, Il est nommé à l’université de Californie à Los Angeles et il ne rentre en France qu’en 1945 où il s’installe à Paris et continue à collaborer aux activités de l’Institut de Littérature comparée de la Sorbonne et à la Revue de Littérature comparée qu’il avait fondée en 1921 avec l’un de ses élèves, Paul Hazard.
Il est l’auteur d’un nombre important d’études d’histoire littéraire, dont voici les plus notables :
- Goethe en France (1904).
- Études littéraires (1907-1939), 4 volumes.
- Alfred de Vigny (1912).
- La Littérature. Création, succès, durée, essai (1913).
- Le Mouvement des idées dans l’émigration française (1924), 2 volumes.
- Orientations étrangères chez Honoré de Balzac (1927).
Très sensible à la musique, qui constitue l’un de ses loisirs, il publie Sensibilité musicale et romantisme (1925). En matière de biographie, il écrit Une vie parmi d’autres (1940). Il donne une nouvelle édition critique de Adolphe de Benjamin Constant. Il est aussi l’éditeur des Oeuvres complètes d’Alfred de Musset (Paris, Conard,1923-1940), 5 tomes en 9 volumes, et de celles d’Alfred de Vigny chez le même éditeur, puis dans la Bibliothèque de la Pléiade (1964-1965), 2 volumes.
Très attaché aux Vosges, il conserve jusque dans les dernières années de sa vie sa maison de famille à Saint-Dié. Lorsqu’il s’en défait, il lègue à la bibliothèque de sa ville natale les 5000 livres qu’elle contenait.
Il publie également sous le pseudonyme transparent de Fernand Baldenne :
- Contes et récits vosgiens (1912).
- Mezza voce, poésies (1895).
- La croisée des routes, poésies (1901-1914).
- Rimes d’exil et d’espoir (1950).
Comblé d’honneurs par de nombreuses universités, il était membre de l’Académie des Sciences morales et politiques et de plusieurs académies étrangères. Il était officier de la Légion d’honneur.
Il eut la douleur de perdre brutalement une fille adolescente à Strasbourg. L’un de ses fils, sous le pseudonyme de Pierre Brive (1911-1965), fut un animateur de radio très connu.
Bibl. : Bonney (Th.).- Baldensperger. Vie et langage, mai 1955. p. 737-740.
Clévenot (E.).- Fernand Baldensperger, pseudonyme littéraire : Fernand Baldenne, in B.S.P.V., 1958, tome LXII, p. 3-4.
Regards, mensuel d’action culturelle (Saint-Dié), n° 62, avril 1976, p. 4.
[Albert Ronsin].