Jacques François CLÉMENT

[ Vaucouleurs (55), 18/05/1773 – Remiremont (88), 16/11/1839 ]

capitaine

Chevalier de la Légion d’Honneur (1810).

Biographie vosgienne

1842 — Annuaire administratif et statistique des Vosges 1842 / Charles Charton

M. le capitaine CLÉMENT.- M. Clément (Jacques François), capitaine en retraite, chevalier de la légion d’honneur, commandant de la garde nationale et maire de la ville de Remiremont, était né le 18 mai 1773 à Vaucouleurs, village de Lorraine illustré par l’héroïne du règne de Charles VII.

Il entra au service à l’âge de 18 ans comme simple volontaire, et fit avec distinction les campagnes de 1792 et 1793, et celles des ans 2, 3, 4, 5, 6 en Flandre, 7, 8, 9 en Allemagne, 11, 12, 13 en Hanovre, 14 en Prusse, 1806, 1807 en Prusse et en Pologne, où il fut fait officier, 1808, 1809, 1810 et 1811 en Espagne. Il reçut sur le champ de bataille, en 1810, la croix de la légion d’honneur.

Officier d’ordonnance du maréchal Suchet pendant la guerre désastreuse d’Espagne, M. Clément déploya autant de courage que de présence d’esprit dans les missions souvent périlleuses dont il fut chargé. Lors du siège de Tarragone, il fut désigné par le sort et envoyé en parlementaire dans la ville, où déjà plusieurs officiers qui l’avaient précédé avaient été retenus et mis à mort par les habitants.

Comme ses devanciers, il fut l’objet de la fureur du peuple ; enlevé par trois fois à son escorte, ce ne fut que comme arraché a un massacre imminent qu’il put remplir sa difficile mission et qu’il rejoignit le camp français, où déjà l’on désespérait de le revoir.

A 38 ans, M. Clément avait servi 20 années et comptait déjà 55 ans, 5 mois et 16 jours de service, y compris ses campagnes. Sa santé était devenue chancelante, et c’est alors qu’il fut admis à la retraite. Rappelé en 1813, il ne quitta plus les drapeaux qu’après que les destinées glorieuses de l’Empire furent accomplies.

Les événements de 1830 trouvèrent M. Clément ce qu’il avait toujours été : dévoué à son pays, au maintien de l’ordre et des institutions pour lesquelles la France avait combattu. La garde nationale de Remiremont le choisit à l’unanimité pour son commandant, et renouvela ce choix honorable, lorsqu’en 1831 elle fut appelée à élire de nouveau ses chefs.

En 1832, le Roi le nomma aux fonctions de maire de la ville de Remiremont.

M. Clément arriva à la mairie au milieu d’agitations incessantes, ayant à pourvoir aux besoins nombreux du moment ; à rassurer la population sous le rapport de 1’approvisionnement des marchés, de l’accomplissement des obligations contractées par la ville sous ses administrations précédentes, et sur le sort de la classe pauvre et industrielle, alors dans une position critique. Le nouveau maire prescrivit des mesures qui eurent pour résultat de ramener en ville les denrées que les cultivateurs inquiets n’y apportaient qu’en petite quantité ; il fit procurer du travail à ceux des habitants qui en manquaient, pourvut, au moyen de secours intelligemment distribués, à l’existence des familles pauvres et des vieillards, et quand son oeuvre fut accomplie, il s’occupa de réaliser les économies financières dont la ville avait besoin et qui plus tard devaient venir en aide à ses successeurs.

M. Clément n’avait accepté les fonctions de maire de la ville de Remiremont que par dévouement. Il fut un magistrat zélé, actif, probe. Une sévère impartialité et un amour vrai du bien public présidèrent toujours aux actes de son administration.

La mort l’enleva, le 16 novembre 1839, à ses parents et à ses nombreux amis.

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