1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
CORDIER (Léon), professeur, écrivain
(Le Clerjus, 14 août 1912 - Nancy, 4 novembre 1969)
Fils d’instituteurs, né à l’école de Sous-le-bois, Léon Cordier est destiné à l’enseignement. Après ses études au lycée d’Épinal où il découvre, grâce à son professeur Maurice Ortalli, une passion pour la langue allemande, il réussit le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure de l’Enseignement Technique à Paris.
Il effectue différents voyages en Europe et surtout en Allemagne. Il séjourne durant une année à Hanovre. En 1934, il assiste en témoin au grand rassemblement national socialiste du Brickeberg mais il est, lui, inscrit au Comité antifasciste de la Cité Universitaire de Paris.
Son service militaire achevé en 1939, il est nommé professeur d’allemand au collège moderne (devenu Lycée Technique Cyfflé) de Nancy. En 1939, il est mobilisé et fait prisonnier dans le Doubs en 1940. Il est libéré pour des raisons médicales le 13 janvier 1943. Rétabli, il reprend son poste à Nancy au lycée Henri Loritz jusqu’à son décès en 1969.
Il est enterré à Vomécourt-sur-Madon. Il a rédigé un Manuel d’enseignement de la langue allemande, une Correspondance commerciale allemande.
Mais Léon Cordier est aussi un écrivain authentique, habité par le désir d’écriture. Il fonde les éditions de Buthégnémont et, sous le pseudonyme Henri Helcé (= L. C., initiales de son nom), il publie Dans les geôles de Hitler (Prix Marie-Thérèse Delage), Le Petit Claude (Prix Stanislas de Gaïta de l’Académie de Stanislas), Vingt Ans. D’autres oeuvres sont restées inédites.
Il a été toute sa vie un militant d’une Europe fédérée et des États-unis du Monde. Il était membre de l’Association des écrivains catholiques et du Syndicat des journalistes et écrivains.
En 1943, à son retour d’Allemagne, il avait épousé à Besançon sa marraine de guerre, Colette Bourquin. Le couple aura quatre enfants, dont Marcel Cordier, professeur à Nancy et lui aussi écrivain.
Bibl. : L’Est Républicain, 6 novembre 1969 et 12 août 1987.
La Liberté de l’Est, 23 novembre 1969.
Renseignements fournis par Marcel Cordier.
[Albert Ronsin].