Jean-François PELLET

[ Épinal (88) , 02/11/ 1781 – Épinal (88) , 13/02/ 1830 ]

avocat

Avocat au barreau d’Épinal, poète. / Le Barde des Vosges...

Auteur vosgien Biographie vosgienne

1781
Naissance à Épinal le 2 novembre dans un milieu aisé. Fils d’un marchand de la ville, il a pour parrain Jean-François Georgel, prêtre, docteur en théologie, vicaire général de la grande aumônerie de France, chargé des affaires du roi à la cour de Vienne, résidant à Paris, et représenté par son neveu Antoine Georgel, étudiant au collège de Colmar, résidant à Bruyères. Sa marraine est la femme d’un autre Georgel, conseiller secrétaire du roi, maire royal, chef de police de la ville de Bruyères.
1796-1799
De 15 à 18 ans, il suit les cours de l’École centrale du département des Vosges.
1804
Pas vraiment encouragé par sa famille qui ne voit pas bien l’intérêt matériel de la condition de poète, il débute en envoyant deux poèmes à l’Académie Stanislas, à Nancy. Il écrit une Ode à Bonaparte, 1er Consul qui plaît suffisamment pour que le 2 décembre, il fasse partie, en tant qu’officier de la Garde Nationale, d’une délégation vosgienne admise à assister au sacre de l’empereur.
1806
Licencié de droit à la Faculté de Strasbourg, il s’inscrit au barreau d’Épinal comme avocat. Manifestant peu d’intérêt pour les affaires civiles, il gagne une excellente réputation comme avocat d’assises.
1810
Il est admis comme membre de la Société littéraire de Nancy. Parallèlement à ses fonctions d’avocat, il reçoit du Ministère de l’Intérieur le poste de directeur du dépôt de mendicité du département des Vosges.
1812
Plusieurs informations font état, dès l’enfance, d’une santé fragile. Mais il semble que le goût du sexe, sinon une passion immodérée pour le beau sexe, mette sa santé en péril en 1811... En mars 1812, il épouse la fille d’un ancien juge, Julie Philippe, qu’il aura l’occasion de tromper...
1814
Il prend part, comme volontaire, à la défense des Vosges contre l’invasion étrangère près d’Épinal et à Longwy. Peine perdue, et début de trois années d’occupation ennemie. Il entre dans l’opposition, et se lie avec les généraux Lafayette et Drouot, Benjamin Constant, etc.
1817
Sur un "passe-port pour l’intérieur" délivré le 22 mars (il se rend à Paris avec son épouse), la description succincte contenue dans le "signalement" nous brosse la silhouette d’un homme grand (1,80 m), aux cheveux et sourcils châtains, portant barbe, au long nez aquilin, le front haut, les yeux bruns, la bouche moyenne, le visage long, le teint brun. Sa femme mesure 1,60 m, elle a les cheveux noirs, les sourcils châtains, le visage ovale, les yeux bruns, le teint clair, la bouche moyenne, le nez ordinaire, le front élevé. Ni l’un ni l’autre n’ont de "signes particuliers".
1819
Il est admis à la Parfaite Union, loge maçonnique d’Épinal.
1821
Une tragédie, Constantin le Grand, est jouée plusieurs fois au théâtre de Nancy.
1822
On lui prête une rencontre avec Lamartine, à Plombières, alors que celui-ci est aux eaux (les Méditations sont parues en 1820). Il est nommé membre correspondant de la Société royale académique des Sciences de Paris.
1825
Il est nommé secrétaire de la toute nouvelle Société d’Émulation du Département des Vosges.
1827
Il fait paraître à Paris une première édition de son recueil de poèmes intitulé Le Barde des Vosges.
1829
Une seconde édition du Barde des Vosges est imprimée, augmentée de sa pièce Constantin le Grand, du poème Les Classiques et les Romantiques, etc. Cette nouvelle édition va précipiter la fin de Jean-François Pellet, à la suite de péripéties narrées par plusieurs auteurs et résumées par Evelyne Jamin dans son mémoire de maîtrise soutenu à l’Université de Nancy 2 en 1985 (pages 11-13) :

Ayant composé son long poème Les Classiques et les Romantiques au cours de l’année 1826, Pellet en confie "le manuscrit à son ami M. Muel-Doublat, maître de forges, qui allait à Paris et qui promit de trouver un éditeur. Mais celui-ci, s’entendant peu sans doute à ce genre d’affaires, croit servir les intérêts de notre poète en confiant le manuscrit à un avocat de la Cour royale appelé Massey de Tyrone, lequel lui assure que le libraire Carpentier l’imprimerait moyennant 300 francs. N’entendant plus parler de rien, Pellet croit que son manuscrit est perdu. Grâce à son excellente mémoire, il récrit son poème, en donne lecture à la Société d’Émulation le 19 septembre 1828. Ce recueil est donc inséré dans la seconde édition du Barde.

Un peu plus tard, Pellet offre Le Barde des Vosges à un haut fonctionnaire du Ministère de la Justice, M. de Mailher, en visite à Épinal. Celui-ci, avec stupéfaction, découvre le poème concernant les classiques et les romantiques... Il avoue à son auteur que cette poésie a déjà été publiée par un de ses confrères parisiens, le sieur Massey de Tyrone, sous le titre Les Deux écoles ou Essai satyrique sur quelques illustres modernes.

Après enquête et confirmation de son ami Albert Montémont, Pellet porte plainte et, devant l’attitude outrageante du plagiaire, charge un avocat de Paris de traduire son adversaire en police correctionnelle."
1830
"Et le 11 janvier 1830, bien que souffrant d’une affection de poitrine, Pellet quitte Épinal avec sa femme et son ami Mougeot. Le voyage est extrêmement pénible, les voyageurs étant immobilisés une nuit entière au milieu des neiges accumulées sur les mauvaises routes de la Champagne. Il arrive à Paris très malade. Il plaide lui-même à l’audience du 20 et fait condamner par défaut Massey de Tyrone à 200 francs d’amende, 300 francs de dommages et intérêts avec affiches du jugement au nombre de cent exemplaires.

Massey de Tyrone fait appel, mais Pellet, malgré son désir de rester à Paris jusqu’à la fin du procès, et sentant la maladie progresser rapidement n’a plus qu’un souhait : rentrer à Épinal.

Quatre jours après son retour, le 13 février 1830, à 10 heures du soir, notre poète rend le dernier soupir [à son domicile de la place des Vosges], à l’âge de 48 ans. Ce soir-là, on donne bal et concert à l’hôtel de ville. A l’annonce de la sinistre nouvelle, la consternation est générale et chacun regagne son domicile, danse et musique ayant cessé incontinent...

Pellet, hélas, n’a pas connu le dénouement de cette affaire. M. Bresson, conseiller à la Cour royale de Nancy et beau-frère du Barde, plaida magnifiquement la cause du poète - puisque le plagiaire avait interjeté appel - et le couvrit de honte publiquement. La Cour royale rejeta l’appel et renvoya l’accusé devant le conseil de son Ordre."

Voir aussi la partie Biographie vosgienne.

Nouvelle recherche