1990 —
Dictionnaire des Vosgiens célèbres
MADELIN (Emile Marie Louis), historien et académicien
Neufchâteau, 8 mai 1871 – Paris, 18 août 1956
La famille de Louis Madelin, originaire de Savoie est venue se fixer en Lorraine au début du XVIIIe siècle. Son père est successivement juge, avocat à Neufchâteau puis procureur de la République à Bar-le-Duc. Louis effectue ses études secondaires au collège de Fénélon de cette ville. Il suit plus tard les cours de la Faculté de Lettres de Nancy, de l’Ecole Nationale des Chartes et de l’Ecole des Hautes Etudes à Paris. Il obtient sa licence puis son agrégation d’histoire et de géographie. Nommé membre de l’Ecole française de Rome, il séjourne dans cette cité de 1895 à 1898. Il achève ensuite sa thèse de doctorat sur Fouché. A l’issue d’un minutieux dépouillement des archives romaines, il publie une étude sur La domination française à Rome de 1809 à 1814.
Ses travaux historiques lui permettent d’obtenir les plus hautes récompenses : prix Thiers de l’Académie française, grand prix Gobert en 1903 et 1911. Durant la Grande guerre il est mobilisé comme sergent au 44ème régiment d’infanterie territoriale, puis attaché comme sous-lieutenant à l’état-major de la 2ème Armée à Verdun et enfin officier à la section d’information du Grand Quartier Général. Promu chevalier de la Légion d’honneur à titre civil en 1913, il reçoit la même décoration ainsi que la Croix de guerre à titre militaire le 10 janvier 1918.
Il tire plusieurs ouvrages importants de son expérience de la guerre : La Victoire de la Marne (1916), La Mêlée des Flandres (1917), Verdun (1920), La Bataille de France (1920), Le Chemin de la Victoire et Les Heures merveilleuses d’Alsace. Quand la paix revient, il se plonge dans les études révolutionnaires, jusqu’en 1937. A partir de cette époque, il commence la publication de son œuvre magistrale : Histoire du Consulat et de l’Empire, qui comprend 16 volumes. Il devient également conférencier dans le cadre de l’Alliance française. Il porte la bonne parole aux Etats-Unis, au Canada, en Autriche, aux Pays-Bas, en Pologne, en Tchécoslovaquie et en Angleterre. Le 24 novembre 1927, il est élu à l’Académie française au premier tour.
Pendant ce temps, il tente de se faire connaître sur le plan politique. Lors des élections législatives de 1924, il se présente dans les Vosges sur la liste d’Union Républicaine et Nationale de M. Flayelle. Il est élu à la plus forte moyenne. Il acquiert à la Chambre une très forte autorité en matière de politique étrangère et aucun vote important n’a lieu sans qu’il soit consulté par ses collègues. Il est cependant battu par le radical René Porterat à l’issue du scrutin de ballottage du 29 avril 1928. Ce résultat négatif ne l’incite pas à abandonner les Vosges. Chaque année il vient se reposer durant plusieurs semaines dans sa propriété familiale de la Trouche, située près de Raon l’Etape. Son épouse Marthe Clavery lui donne quatre enfants. Son fils aîné, officier d’aviation, est tué en Syrie. Le second, Olivier, devient notamment chef de bureau au Ministère de l’Agriculture. Ses deux filles épousent Bernard Zeller et P. Jacques.
Bibl. : Aux Vosgiens, membres de l’Institut et de l’Académie de médecine. Hommage du département des Vosges. 18 mai 1932, p. 37 à 41.
Journal La Liberté de l’Est du 20 août 1956.
[Georges Poull]